Après Auschwitz l’HOMME habite en poète(Heidegger)

 

 

Après Auschwitz l’HOMME habite en poète (1).

Ceci n’est pas une citation apocryphe de Heidegger. Heidegger n’aurait, pour des raisons purement stratégiques, jamais pu dire ça. De même il n’a jamais dit : « Je suis hitlérien » ou « Je suis un nazi radical ».

C’est le phiblogZophe qui, pratiquant « l’analyse dispositionnelle », et rassemblant des éléments explicites et implicites du dispositif Heidegger, commet une fois de plus une calomnie délirante.

« L’homme habite en poète » est le titre d’une conférence de Heidegger des années 50, titre repris à un poème d’Hölderlin.

Il m’est arrivé de commenter avec ferveur ce beau et grand texte de Heidegger. Je ne savais pas alors, et je mesure mes mots, que j’avais marché dans une merde.

Ma conviction, en effet, est faite. En « mon âme et conscience » : cette conférence dit qu’après la destruction des juifs d’Europe, et donc l’oeuvre accomplie, l’homme – l’ HOMME – peut enfin habiter selon son essence, c’est-à-dire en poète.

Ce n’est pas qu’un satisfecit répugnant que le philosophe du Reich adresserait aux héros de l’ontologie hitlérienne. (Hitler fut en effet l’artiste en chef, le poète suprême de la mise en oeuvre de la « vérité de l’être »).

C’est aussi une synthèse touchant à la vision heideggérienne de la politique.

Pour le dire en quelques traits simples :

– Il faut voir en Heidegger une sorte d’hyper-technicien, ou de trans-technicien;

– L’histoire est avant tout, redynamisée par la conscience historiale du Dasein – « notre Dasein » dit Heidegger – combat sans limitation juridiques et morales en vue d’assurer l’espace vital du Volk et sa pleine domination (néo)esclavagiste.

– En ce sens cela exige tout d’abord la négation de l’espace politique si, par espace politique, on entend ce qui vient du fait du renoncement de la guerre effective, quelle soit de nation à nation ou de nation à populations (civiles et désarmées).

– Concomittamment, qu’il s’agisse de pratiquer le négationnisme en acte, de fournir des alibis propres à éblouir et à subjuguer la conscience morale, à l’espace public politique est substitué un champ où règne LA parole, la Dite, celle-ci étant empruntée, avec ou non son consentement, à la poésie.

– La poésie devient, du fait de Heidegger en trans-ingénieur nazi, la « trans-techné », la technique transcendantale qui va désormais accompagner les aventures criminelles du Volk.

– Mais, précisément, grâce à cette ontologie du sortilège, le crime n’est plus un crime, et les victimes ne sont plus des victimes.

– Bref, grâce à cette vision merdique de la poésie les victimes deviennent des Stück (morceaux) – dans le vocubulaire courant de l’administration nazie – tandis que, chez Heidegger, l’extermination elle-même, en son projet, et en 1935, était (déjà) devenue :

« … ouverture déterminée à l’estance de l’être ». (Introduction à la métaphysique).

Les poètes heideggériens, les « technites de l’ontologie fondamentale », prenaient donc des Stück et fabriquaient avec des cadavres.

Lorsque Heidegger a fait semblant de déplorer cet état de choses c’était surtout, en penseur merdique, pour s’en amuser.

J’affirme également que le titre, Introduction à la métaphysique, est un titre humoristico-nazi. On a déploré chez Heidegger un manque d’humour. Pas du tout. Heidegger pratique un humour trés particulier, l’humour des criminels d’Etat.

Il suffit, pour comprendre ce que je veux dire, d’illustrer la phrase : « … l’ouverture déterminée à l’estance de l’être » par une photographie du portail d’Auschwitz et de remplacer le sinistre Arbeit macht frei, (le travail rend libre) par le titre heideggérien non moins sinistre d’ Introduction à la métaphysique.

La poésie est, chez Heidegger, ce qui se substitue à la politique dans le contexte d’une systématisation de l’état – de l’Etat – d’exception.

 

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« En 1928, il a paru une bibliographie générale du concept de valeur, première partie. On y cite 661 publications sur le concept de valeur. Il est probable qu’on a maintenant atteint le millier. Voilà ce qu’on nomme philosophie. Et en particulier, ce qui est mis sur le marché aujourd’hui comme philosophie du national-socialisme, et qui n’a rien à voir avec la vérité interne et la grandeur de ce mouvement (c’est-à-dire avec la rencontre, la correspondance, entre la technique déterminée planétairement et l’homme moderne) fait sa pêche en eau trouble dans ces « valeurs » et ces « totalités ».

Martin Heidegger, Introduction à la métaphysique (Chapitre La limitation de l’être).

La thèse qui a toujours été celle du phiblogZophe est que ce passage n’est pas qu’une simple scorie. Il permet de soutenir que le Heidegger de 1935 a déjà  à l’esprit quelque chose comme Auschwitz. Il ne critique le national-socialisme que pour déplorer que le Reich n’en est pas encore là.

——

(1) Le titre ne fait en réalité que relever l’état de choses heideggérien. Ecrivant L’homme habite en poéte après la seconde guerre mondiale Heidegger, parce que réputé grand penseur, disait en réalité : je m’assois sur Auschwitz et déclare que  « l’habitation en poète » est le fin mot de la politique. Continuons!

Cela l’aura seulement contraint à camoufler sa pensée véritable en faisant semblant de dénoncer la « fabrication de cadavres ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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