Heidegger : le Führer, les Nègres, les Poètes

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Dans le cours de nazisme que constitue La logique comme question en quête de la pleine essence du langage (1934) d’Heidegger on trouve notamment ceci, qui jette une lumière particulièrement crue sur ce qu’Heidegger entendait en réalité par « essence du langage ».

Führer :

« Qu’en est-il des rotations de l’hélice? Celle-ci a beau tourner des journées entières – par là pourtant rien à proprement parler n’advient. Assurément, quand l’avion transporte le Führer de Münich vers Venise chez Mussolini, alors advient l’histoire. Ce vol est un événement où l’histoire advient, mais pas le fonctionnement de la machine, bien que le vol puisse seulement advenir pour autant que la machine fonctionne. Et néanmoins ce n’est pas la rencontre des deux hommes seulement qui est histoire, mais l’appareil lui-même entre dans l’histoire et sera peut-être plus tard un jour exposé au musée. Cependant le caractère historial ne dépend pas du nombre des rotations de l’hélice qui se sont passées dans le temps, mais du mouvement de l’événement à venir qui va résulter de cette rencontre entre les deux dirigeants. » (La logique… Gallimard 2008, page 102)

Nègres :

« L’histoire est la marque distinctive pour l’être de l’homme, c’est la détermination distinctive dans la question en quête de l’essence de l’homme.

Si maintenant nous nous attelons à la question en quête de l’histoire, on pourrait penser que nous avons arbitrairement décicé de ce qu’est l’histoire, à savoir que l’histoire constitue la marque distinctive pour l’être de l’homme. On pourrait d’une part émettre l’objection qu’il y a des hommes et des groupes d’hommes (des Nègres, comme par exemple les Cafres) qui n’ont pas d’histoire, dont nous disons qu’ils sont sans histoire ». (Idem, page 100).

Poètes :

« Le langage original est le langage de la poésie.

Mais le poète n’est pas celui qui fait des vers sur ce qu’est chaque fois l’aujourd’hui. La poésie n’est pas faite pour apaiser de petites filles en émoi, ni pour exciter la sensibilité d’esthètes qui croient que l’art est à savourer et à déguster. La vraie poésie est le langage de cet être, qui nous a été depuis longtemps déjà dit dans une parole portant loin devant nous, et que nous n’avons encore jamais rejoint. C’est pourquoi le langage du poète n’est jamais d’aujourd’hui, mais toujours étant-été et à venir. Le poète n’est jamais contemporain. Il y a bien des poètes contemporains pour se grouper en associations, ce qui n’empêche pas que cela reste une absurdité. La poésie , et par là le langage proprement dit, n’advient que là où le règne de l’être est porté jusqu’à l’intangibilité souveraine de la parole originale.

Pour comprendre cela, il faut que les Allemands, qui parlent tant aujourd’hui d’élever un homme nouveau, apprennent ce que veut dire préserver ce que déjà ils possèdent. » (Idem, page 201)

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