Taminiaux, Heidegger et Hannah Arendt

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Dans un colloque récent sur Hannah Arendt et les crises de l’Etat-Nation Jacques Taminiaux a fait un exposé sur le thème de la déconstruction arendtienne de la pensée politique de Heidegger. Le lecteur pourra écouter l’intervention passionnante de J. Taminiaux en cliquant sur la flèche en fin de note. J’en ai transcrit l’extrait suivant, extrait dont je fais la critique.
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« Force est de reconnaître que le fameux discours de rectorat prononcé par Heidegger en 1933 dans un décorum nazi, sur l’auto-affirmation de l’université allemande, n’a guère l’allure d’un pamphlet idéologique. En effet à l’exception du Führerprinzip et d’une vague allusion aux slogans Blut und Boden, sang et sol, ce discours s’avérait bien plutôt dans sa terminologie et dans sa thématique une sorte de remake du premier grand texte de cette tradition occidentale de philosophie politique que l’idéologie nazie  entendait jeter aux poubelles de l’histoire une fois pour toutes à savoir la République de Platon. Ce que ce discours proclame ce n’est pas le principe apodictique de l’idéologie mais la position normative de ce que Platon appelait theoria, contemplation. Laquelle se définit selon Heidegger en termes ontologique comme, je cite, « la passion de rester proche de l’étant comme tel (…) et sous sa contrainte ». Cette passion insiste-t-il n’est pas une contemplation détachée mais une possibilité extrême du Dasein. Elle est donc conçue par lui en termes existentiels comme un comportement celui que Platon, justement, appelait le bios théoriticos qui a rang selon Heidegger d’accomplissement suprême de l’être au monde. (…) D’où le tableau que dresse le discours de rectorat en écho manifeste à la République d’un Etat de type corporatiste dont chacun des corps hiérarchisé procure un service spécifique à ce grand Dasein unique qu’est le peuple allemand. Service du travail à la base, service de la défense un peu plus haut, et service du savoir au sommet placé sous le contrôle de la métaphysique afin d’éviter la dispersion des sciences en disciplines spécialisées et autonomes. Pas d’allusion à la transformation des classes en masse. Pas de mobilisation mais mouvement conscient vers l’Etre. Le monde évoqué par ce discours n’est pas l’espace vital de la race des seigneurs mais le site ontologique de ce Dasein élargi qu’est le peuple allemand. Et la Führung qui régit ce Dasein relève non pas d’un guide qui édicte des mots d’ordre mais d’un penseur capable de poser des questions radicales et d’en débattre avec ceux qui le suivent. Loin donc de décalquer l’idéologie nazie, le discours de rectorat est de part en part platonisant. »

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Disons tout de suite que, selon Taminiaux, les conclusions de Hannah Arendt quant à la philosophie politique de Heidegger sont claires et limpides : il serait resté sur le fond platonicien et dans une disposition tyrannique.

Ce que je trouve cependant hautement problématique, dans l’analyse de Taminiaux, est l’absence d’articulation entre l’idéologie nazie et le fait même que le discours de Heidegger ne la décalque pas.

Sans plus de problématisation nous avons la possibilité de croire en une disjonction essentielle entre l’idéologie nazie et le texte heideggérien, disjonction qui, sans faire de Heidegger un démocrate, pourrait en faire un « opposant subtil ». Il est certain qu’il s’opposa à beaucoup de choses mais au nom de la « grandeur interne » du mouvement.

Nous passons sans doute à côté de ce qu’il y a de plus intéressant dans le dispositif rhétorique de Heidegger  à savoir qu’il soutient totalement le mouvement hitlérien mais selon une logistique de l’écart.

Hitlérien convaincu, et même acharné, Heidegger a eu précisément l’intelligence de ne pas décalquer l’idéologie nazie. Celle-ci, pour le dire rapidement, est ultrapopuliste et joue de cette manière parfaitement sa fonction.

Mais il est dans la structure même du nazisme, et pour moi Heidegger participe pleinement à cette structuration, que des « Führer spirituels » se tiennent à l’écart du « peuple » et évite précisément de décalquer l’idéologie fonctionnelle.

Ces guides spirituels doivent formés les cadres supérieurs qui ont barre sur un peuple que l’on meut avec des motifs populistes dont on a préparé savamment, par la propagande et par la peur, l’efficacité mobilisatrice.

Dans l’univers nazi Heidegger s’adresse à la « crème de la crème » du Volk. En cela il laisse transparaître l’épaisseur d’un mépris et d’un cynisme qui est bien dans la tradition du nazisme.

Le non-décalquage heideggérien de l’idéologie lui a, selon nos propres analyses, permis d’anticiper des actes nazis en s’adressant précisément  à l’élite. Dés 34-35, bien des années avant la conférence de Wannsee (1942), en parlant ainsi de « l’ouverture déterminée à l’estance de l’être », il lançait en réalité un appel à l’extermination.

Ce qui était inscrit depuis toujours dans la croix gammée et qu’il traduisait-sublimait au lieu de décalquer.

Mais cela ne donnait-il pas plus de poids aux convictions nazies dans le cercle des élites?

 

 

 

Pour entendre l’exposé cliquer sur la flèche. On peut le télécharger en faisant un clic droit sur l’annonce puis un clic gauche sur « enregistrer la cible sous… »

 

 

Téléchargement HarendtTaminiaux.mp3

 

 

3 commentaires

  1. « Loin donc de décalquer l’idéologie nazie, le discours de rectorat est de part en part platonisant. » TAMINIAUX

    Taminiaux ne m’apparaît pas comme une lumière. Loin de là. Je l’ai écouté, je l’ai lu et il m’a profondément déçu. Ou il se situe dans l’idéologie révisionniste ou il est aveugle, ou il feint d’être aveugle. Allez donc savoir. Quand les gens ne disent pas ce qu’ils pensent réellement il est difficile de dialoguer avec eux. Et s’ils pensent ce qu’ils disent, c’est affligeant.

    Et si l’idéologie nazie était calquée sur le discours platonicien dévoyé!! Lorsqu’Heidegger a commencé à concevoir et, concomitamment, à vulgariser le nazisme en prétendant le fonder sur la tradition philosophique – naturellement dévoyée par sa lecture insoutenable de Platon, d’Aristote et de Kant, il a usé de tous les procédés sophistiques connus, en premier lieu l’enracinement dans la tradition, afin de donner une autorité incontestable à son point de vue. Le nazisme n’est pas autre chose qu’un pangermanisme antisémite, d’essence nietzschéenne, radical, Nietzsche ayant repensé à sa façon toute la tradition philosophique.

    Il y a chez Heidegger une double attitude.
    Premièrement une illusion , deuxièmement une ruse.

    L’illusion a consisté à croire que l’histoire de la philosophie, – c’est à dire, dans l’esprit de Heidegger, l’histoire de l’être, – aboutissait au pangermanisme heideggérien, lequel lui apparaissait précédé des voies d’approche successives prétendument « voulues par l’être » que constituaient à ses yeux, les « philosophies » de Fichte, de Schelling, de Hegel et de Nietzsche et les littératures de Hölderlin, de Novalis et de Trakl.
    La ruse a consisté à conduire le génocide et la conquête planétaire du royaume du nouveau dieu en se cachant derrière le paravent de la philosophie.

    Dans un premier temps le sophiste (le pseudo mystique) se prit pour un philosophe,
    dans un deuxième temps, le pseudo philosophe comprit qu’il était réellement un sophiste et, pour faire triompher son pangermanisme génocidaire, il comprit qu’il lui serait très utile de passer pour un philosophe aux yeux de l’opinion publique.

    Les deux attitudes relèvent de la psychose paranoïaque née d’un hyper narcissisme provoqué par une réaction inappropriée à un traumatisme affectif initial, ce que les psychologues nomment aujourd’hui une « résilience dévoyée ».

    Mais à quoi bon en dire davantage quand depuis trois quarts de siècle les philosophes français dans leur immense majorité se complaisent à prendre des vessies pour des lanternes, ou plutôt, l’éminence grise du nazisme pour le plus grand philosophe de tous les temps. Ce n’est pas pour autant qu’en tant que philosophe je me tairai car la vérité doit être dite.

    Merci d’avoir écrit cette note sur Taminiaux. Il faudra bien que la psychose criminelle d’allure savante et érudite de Heidegger soit un jour repérée. Quinet et son collègue historien du Collège de France avaient dénoncé des risques sociaux de ce genre du fait de l’enseignement hyper répressif des Jésuites dans les années 1850 et suivantes . Il n’y a rien d’étonnant à ce que le phénomène se soit produit mais la réaction du « vilain petit canard » a pris une ampleur démesurée qui a pris tout le monde de court. Et qui a porté le chapeau du génocide fomenté par les intellectuels pour échapper à la morale chrétienne et retourner aux mœurs grecques en toute impunité? Un pauvre soldat de première classe fortement dérangé, raison pour laquelle il les a crus sur parole et leur a obéi au doigt et à l’œil jusqu’à ce que mort s’en suive. (Cf. Mein Kampf, Nouvelles éditions latines, traduction Gaudefroy-Demombynes et Calmettes, p.458: « Pour aider les idées racistes à triompher, il a fallu créer un parti populaire, parti ne comprenant pas seulement un état-major d’intellectuels, mais aussi des travailleurs manuels ».) La lecture de Mein Kampf en allemand est encore plus éloquente car là le Dasein heideggérien se lit comme le nez au milieu de la figure. Pas besoin de lunettes ni de jumelles herméneutiques. Hitler dit ouvertement que le Parti a été créé pour porter au triomphe final la nouvelle conception philosophique.(NEL, p.109, p.173, p.209-211,etc.. Et Heidegger révèlera en 1964 que c’est en 1919 qu’il a « mis en pratique » son « regard phénoménologique ». Or 1919 est l’année de la création du parti nazi. Il prendra le nom de NSDAP au début de l’année 1920. Il n’y a guère que les phénoménologues français qui continuent à croire que la conception phénoménologique d’Heidegger est d’essence husserlienne bien qu’il ait renié publiquement l’enseignement de Husserl en 1927. Le Malin a bien œuvré pour tromper tout le monde. Ce faisant il est peut-être aussi tombé dans son propre piège comme l’a bien laissé entendre Hannah Arendt. Mais qui sait encore lire Hannah Arendt? Et Hannah Arendt avait-elle elle-même suffisamment compris Heidegger? On a de bonnes raisons de penser qu’elle est restée à mi chemin sur le plan de la découverte de son ancien amant. Les phénoménologues heideggériens français auraient peut-être intérêt a bien relire le cours sur Le Sophiste et la fin du cours sur les problèmes fondamentaux de la phénoménologie pour bien comprendre leur erreur doctrinale. Heidegger ne visait pas le fait mais le possible et ce possible était la construction temporelle de son royaume de nouveau dieu dans la perspective de l’éternel retour nietzschéen.

    Il faudra bien , un jour, que cette chose-là soit comprise car cela va faire bientôt cent ans que le processus a commencé. Et pour tout dire, c’est en 1905 au foyer Saint Konrad que tout s’est mis en branle. mais il faudra encore des années pour que les historiens et les philosophes le voient si tant est qu’ils le voient un jour. « De cette histoire-là pas un mot ne passera dans les livres d’histoire » a écrit Heidegger en 1937 (L’éternel retour du même NRF, p.221). Et il le savait bien car, en ne couchant sur le papier que ce qu’on peut prouver l’histoire positiviste se prive de toute compréhension; ce qu’Heidegger disait dès 1916 dans son essai sur Duns Scot qui était déjà son premier manifeste politique. Trois ans plus tard il créait le parti nazi avec des intellectuels cooptés et des fanatiques aguerris à la « décision résolue » parmi lesquels se trouvait Adolphe Hitler, le pit-bull de service.
    Michel BEL

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  2. Sans vouloir suivre sur tous les points M. Bel, je partage pour le moins sa consternation face aux errances intellectuelles de M. Taminiaux. Celui-ci ne fait pas de Heidegger un résistant au nazisme, comme on peut le lire sur un site de Paris IV (sic., la chose est menée par un collectif « ritoyen » ; anti-citoyen ?) ; mais son système interprétatif à la fois banal et en même temps pour le moins tordu engendre tout un réseau de minimisations et d’euphémisations qui le rapproche en bout de course bien singulièrement des heideggériens de parolesdesjours. Preuve encore une fois, si il en fallait encore une, que la rupture entre les heideggériens dits « radicaux » et les heideggériens « sages » ou « modérés » de l’université n’est pas aussi simple que les académiques entendent nous le faire croire.

    Ainsi, comment suivre M. Taminiaux quand il argumente de l’innocence de Heidegger en faisant référence à sa référence à Platon, double référence révérente qui cache un bien grand sordide politique ? Contrairement à ce qu’affirme M. Taminiaux, qui laissent entendre que les nazis rejettaient toute référence à la philosophie, reprenant en cela le poncif du nazisme inculte (on ne saurait être intellectuel et nazi, n’est-ce pas, et tenez justement, savez-vous que je suis moi-même universitaire et que j’écris des livres ?), la référence à Platon est courante sous le troisièm Reich. Je pense ici par exemple à Gadamer, qui a passé la guerre à lire et à enseigner « innocemment » les textes de Platon sur l’esclavage (lire à ce sujet le livre de Teresa Orozco sur Gadamer, Platonische Gewalt, malheureusement peu connu en France, mais qui en Allemagne a obligé plus d’un propagateur de mythe à reculer : http://www.buchhandel.de/detailansicht.aspx?isbn=978-3-88619-240-3 ).
    Plus fort encore : le discours de rectorat ne serait pas nazi, « à l’exception du Führerprinzip » et d’une « vague allusion au Blut und Boden ». Parce que Führerprinzip + Blut und Boden, ce n’est pas = à nazisme peut-être ? L’énormité est ici telle qu’il me paraît inutile de m’étendre plus, et en un sens tout est alors dit sur Taminiaux parlant sur Heidegger, ou plutôt pour lui, malgré la pseudo-distance pseudo-critique. Il n’est pas le seul à procéder ainsi : voir ainsi la récente 4ème de couverture d’un collectif sur Heidegger et la métaphysique, dirigé et écrit par des heideggériens prétendus « sérieux » :
     » Jean-François Courtine (dir.)
    L’Introduction à la métaphysique
    de Heidegger
    Vrin, « Études et Commentaires ». 240 p., 13,5 × 21,5 cm. ISBN : 978-2-7116-1934-4.
    En 1952, Heidegger donne son premier cours public après qu’a été levée l’interdiction d’enseigner qui le frappait : Qu’appelle-t-on penser? connaît un grand retentissement. En 1953, il met au point la première publication d’un de ses cours en même temps qu’il prépare une édition revue d’Être et temps (la septième, qui fait encore autorité). Dans un avant-propos, il mentionne le cours de 1935, Introduction à la métaphysique, comme un document privilégié pour éclaircir la question de l’être telle qu’elle a été frayée en 1927 et pour autant qu’elle est encore susceptible de « mettre en mouvement notre être-là ». C’est assez dire l’importance de ce cours qui, par ailleurs, témoigne d’une première réflexion et prise de distance par rapport à l’épisode, pour le moins malheureux, du Rectorat.
    Dans cette Introduction, Heidegger met pour la première fois en pleine lumière le tournant de sa pensée qui, après Nietzsche, interrogeait le commencement grec d’avant Platon et Aristote, mais aussi la conception qu’avaient de l’homme les tragiques, et en particulier ici celle que présente Sophocle dans Antigone. Par cette attention aux « paroles » de la langue greque, ce n’est en rien un retour aux grecs qui est engagé mais bien une première méditation endurante de l’historicité occidentale, de la technè et des figures du nihilisme.
    Les dix études ici réunies s’attachent toutes à situer le cours de 1935 dans le parcours de Heidegger et à en proposer un « commentaire » suivi, attentif à l’économie du cours et à ses principaux motifs.
    Ont contribué à cet ouvrage : J.-F. Courtine, M. Crépon, F. Dastur, É. Escoubas, S. Jollivet, J. Greisch, J. Grondin, M. Roesner, Ch. Sommer et F. Volpi »

    On appréciera à sa juste mesure le terme d' »épisode pour le moins malheureux » pour qualifier un rectorat jamais renié (bien curieux de voir où nos amis trouvent un tel reniement…), dans une université dont les professeurs juifs avaient été exclus (pour lire comment notamment Heidegger a traité son ancien professeur de mathématique, un juif pratiquant, lire « Pourquoi Therese Loewy devait mourir seule » de Hugo Ott). C’est pour le moins trahir la pensée du maître (et le faire passer pour un con, mais quand il s’agit de sauver les meubles…) que de qualifier d’épisode un tel engagement. Mais J. Taminiaux ne fait pas autre chose en qualifiant de platonicienne « l’erreur » de Martin Heidegger : il était en somme perdu dans la caverne, encore tout absorbé par le bios theoreticos…Les dirigeants d’EADS devraient s’inspirer d’une telle défense, elle a déjà bien servi.
    J’apprends par ailleurs par le biais de cette analyse « arendtienne » que l’idéologie ne prendrait en compte que la fabrication d’une race parfaite. Le stalinisme ne serait en ce cas pas une idéologie ? Et qui a dit qu’il n’y aurait pas de référence raciste dans le discours de rectorat, alors qu’il y est question en termes louangeurs du nouveau droit des étudiants, qui comprenait de nombreux éléments anti-sémites (réduction drastique des effectifs juifs, etc.), même si visiblement Hannah Arendt l’ignorait ? M. Taminiaux ignorerait-il qu’un certain Emmanuel Faye a récemment soulevé ce lièvre dans un livre qui a un peu fait parler de lui ? A-t-il vécu sur cette terre ces dernières années ? Le bios theoreticos, toujours…
    Les choses deviennent plus graves quand il décrit le contenu du discours heideggérien, qui défendrait un « état de type corporatiste dont chacun des corps est hiérarchisé » au « service de ce grand Dasein qu’est le peuple allemand » ; cela ne s’appellerait-il pas du fascisme par hasard ? M. Taminiaux nous rassure : il n’y a là aucune allusion à une transformation des classes en masses, aucune mobilisation mais « mouvement conscient vers l’être ». Sous la direction du Führerprinzip, la conscience va donc faire des bonds vers l’être. Bondissons donc joyeusement ! J’ai envie de dire : nietzschéennement, puisque Nietzsche fait référence à Platon et que Heidegger fait référence aux deux, donc tout va bien. M. Taminiaux nous rassure : la Führung qui régit ce Dasein doit être celle d’un penseur capable de poser des questions radicales. On a tout lieu d’être tranquillisés : après tout, après Lénine, Mao et les autres, qui craindrait d’être dirigé par un intellectuel brillant et radical ?
    Ce serait refuser de faire confiance aux gens intelligents … compris, tas de cons ?

    On apprend dans la suite de l’intervention de J. Taminiaux que Heidegger lit Aristote en l’ontologisant, ce qui lui permet de ne pas lire l’Éthique à Nicomaque comme une morale ou une éthique, et d’évacuer la question de la praxis démocratique chez Aristote : il fallait oser ! Seules les vraies crapules ont ce type d’audace. M. Taminiaux parle à ce sujet d' »aveu flagrant de platonisme ». Je préférerais parler d’escroquerie, mais ce serait admettre qu’il y a un lien entre pensée et engagement en ce bas monde, ce que je me vois pour ma part bien obligé d’assumer.
    à quoi cela sert-il à M. Taminiaux de voir avec Arendt (qui n’est de fait pas la dinde-alibi de Martin que l’on devrait lire parce que ce dernier l’a sautée dans sa jeunesse sans avoir jamais un mot sur le contenu de ses livres) que Martin ne laisse aucune place à la pluralité et d’opposer cette pluralité à l’authenticité, si c’est pour retomber sur des fables éventées depuis la nuit des temps ?

    C’est, j’en ai peur, son problème, et pas le mien.

    Julien Vertummus.

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  3. Bonjour,

    Vous parlez de lecture insoutenable de Platon? Je vous renvoie alors au texte car tout s’y trouve : « les maux ne cesseront pas pour les humains avant que la race des purs et authentiques philosophes n’arrive au pouvoir ou que les chefs des cités, par une grâce divine, ne se mettent à philosopher véritablement. » (Platon, Lettre VII, 326a).

    Et cette même exaltation, ce désir de renouveau spirituel incarné par un tyran : « En somme jamais, plus qu’à présent, on ne pouvait espérer réaliser l’union dans les mêmes hommes de la philosophie et de la conduite des grandes cités. » (op. cit. 328A-b)

    Cordialement.
    Jeffrey Tallane

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