Petit contre-dictionnaire Heidegger : HITLER

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Hitler est né en Autriche, à Braunau-am-Inn,  en 1889 ; Heidegger en Allemagne, à Messkirch également en 1889. Le premier se suicide à Berlin en avril 1945 ; le second meurt en 1976 à Fribourg-en-Brisgau.

Mein Kampf est rédigé par Hitler de 1925 à 1926.

Etre et temps, de Heidegger, est publié en 1927.

L’article Hitler du dictionnaire Heidegger des éditions Cerf passe totalement sous silence qu’Hitler et Heidegger ont en commun un antisémitisme profond.

Cela peut paraître inimaginable, impensable, mais Heidegger a été et fut toujours un hitlérien. Dans une certaine mesure sa notion fantasmatique d’ « enjuivement » donne une plus grande extension à la notion même d’ennemi du peuple. En ce sens Heidegger, qui ne construit pas principalement une représentation biologico-raciale de la judéité, serait plus nazi qu’Hitler lui-même!

Les thèmes de la « vérité de l’Etre », de l’ « éclaircie », de l’ « entente de l’être » ne sont pleinement compréhensibles que si on les place dans la perspective d’une ontologisation heideggérienne de l’antisémitisme et de la nécessité de l’extermination totale.

L’Ereignis, l’événement appropriant, désigne principalement ce qu’il en est du combat contre le nihilisme en ce qu’il est essentiellement le fait de l’ « enjuivement ».

La thèse de l’article est que l’ensemble du discours heideggérien est sous-tendu par l’idéologie politique hitlérienne.

C’est Hitler haussé au rang d’une pensée se situant elle-même contre la métaphysique, contre la philosophie, contre l’humanisme métaphysique.

L’article Hitler du très heideggérien dictionnaire Heidegger est au reste de ce point de vue assez drôle. Il se termine sur l’idée que Heidegger avait fini par trouver qu’Hitler était un criminel et que ce n’était pas bien du tout. Belle affaire quand on a affaire à un nazi tel que Heidegger ! Mais, surtout, il mentionne le fait que Heidegger a soutenu le plébiscite – 12 novembre 1933 – en faveur du retrait de l’Allemagne de la Société des Nations (SDN). Et de citer Heidegger : « Voilà qui n’est pas tourner le dos à la communauté des peuples. Au contraire : notre peuple, par cette démarche, se place sous l’auspice de cette loi essentielle pour tout « aître » des hommes, à laquelle tout peuple doit d’abord obéissance s’il veut encore être un peuple ».

Comment ne pas voir que s’inaugure ici un hitlérisme manifeste de Heidegger ? Les nazis, dont Heidegger, iront jusqu’aux plus extrêmes conséquences de l’idée de la souveraineté illimitée, comme absolue, du peuple. On remarque au reste que Heidegger met une identité entre «nation » et « peuple ». Tel est déjà le problème puisqu’une nation peut se vivre comme le rassemblement d’une pluralité de « peuples pré-nationaux ». Si nation et peuple sont essentiellement identiques et rigoureusement coextensifs, il faut que le peuple soit un, homogène, pur et enraciné. Au reste la SDN ne pouvait apparaître précisément que comme un obstacle à la politique antisémite entamée par les nazis.

Heidegger, voire l’article anéantissement total, sera un des tous premiers, à cette période, à méditer sur le nécessaire mais difficile anéantissement total de l’ennemi enté sur la « racine la plus intérieure de l’existence du peuple » (Heidegger). Cela suppose, précisément, que les Juifs et les Tziganes soient représentés comme exogènes au « peuple national ». Impossible en effet, de ce point de vue, de demeurer au sein de la SDN.

Si une nation ne peut être une société de peuples une société des nations n’a pas de sens.

HAHB

L’étude minutieuse des correspondances et des résonances entre Mein Kampf et de nombreux textes de Heidegger, y compris Etre et temps, aussi incongrue qu’elle puisse paraître, apporterait une lumière crue sur la stratégie discursive de Heidegger.

Pour notre part nous pensons que par « vérité de l’Etre » Heidegger comprend tout ce que dit Hitler sur les Juifs. Heidegger c’est Hitler à l’Université. Et l’enrôlement d’intellectuels en vue du génocide, en vue des génocides.

Avertissement

Toute ressemblance de Heidegger avec un personnage historique réel ne saurait être que purement fortuite

Hélas cette gémellité n’est pas une fiction. Et le parallèle iconique a par ailleurs ceci de trompeur qu’il porte à croire qu’il s’agirait d’une erreur de jeunesse, erreur qu’aurait effacée la démission du rectorat de 1934. En réalité elle court toujours. Heidegger n’a jamais cessé d’être hitlérien.