L’architecture est une mimologique

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L’architecture est une mimologique. Je pourrais ajouter : une mimologique spatiale.

La thèse de Hegel sur l’architecture est trés forte. Le terme d’architecture n’est applicable qu’à propos d’oeuvres qui constituent un langage et qui, à ce titre, communiquent des « idées générales et essentielles ».

Mais l’architecture, à la différence de la langue, n’utilise pas de signes arbitraires. Elle met en oeuvre une symbolique qui se déploie dans toutes les dimensions de « l’extériorité » au sein de laquelle les corps se meuvent.

Sa symbolique est spatiale, plus précisément poïético-spatiale dans le sens où cette spatialité est indissociable d’une oeuvre constituée de matières.

Il faudrait préciser ce qu’on entend ici par spatiale. La musique et la peinture sont aussi spatiales à leur manière.

Nous dirions alors que l’architecture, et sa symbolique, sont spatio-extensives.

J’entends par là le fait que, quand bien même l’architecture met aussi à l’abri et parfois dans le secret de « petits lieux », elle tend à communiquer en conquérant toutes les dimensions de l’extériorité.

Les pyramides étaient faites pour être vues du plus loin possible.

Toutes les municipalités rêvent, aujourd’hui, que leur ville offre la plus belle image possible à la  photographie aérienne.

Mais revenons à « mimologique ».

Nous savons ce que c’est que de mimer des actions.

Si l’architecture communique des idées sans pouvoir ni devoir les exprimer à l’aide de signes arbitraires c’est qu’elle les mime.

L’architecte est un faiseur de mimes immobiles.

Les formes symboliques architecturales, parce qu’elles parlent silencieusement et sans le secours-discours du signe, sont des mimes de « représentations » générales et essentielles.

Le stupa hindou est un phallus. Mais ce n’est pas le signe ou un signe voulant dire phallus. Le phallus du stupa mime la représentation « force vitale ». C’est un mime suggestif.

On ne peut parler d’architecture qu’à la condition qu’on puisse saisir, même si c’est de manière confuse, ce qui effleure d’un sens amené par une mimologique spatio-extensive.

Que miment l’arche de la défense, la pyramide du Louvre, le musée du quai Branly, la médiathèque de Seattle, la passerelle Simone de Beauvoir?

Que mime l’immeuble praguois de Franck Ghery où l’on reconnaît un couple dansant?

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