Heidegger ou le design du Dasein : l’horreur!

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L’avant dernier paragraphe de la lettre à Jean Beauffret qui clot l’édition bilingue de 1964 de La lettre sur l’humanisme de Heidegger porte sur le concept de Dasein.

Lisons :

« Da-sein » est un mot clé de ma pensée, aussi donne-t-il lieu à de graves erreurs d’interprétation. « Da-sein » ne signifie pas tellement pour moi « me voilà ! », mais, si je puis ainsi m’exprimer en un français sans doute impossible : être le-là et le-là est précisément Alhqeia : décèlement – ouverture ». (Page 183.)

Remarquons que Heidegger est d’abord parfaitement dans son rôle de « grand philosophe ». Il évoque sa pensée et le fait que, pour lui, pour l’auteur de cette pensée, Dasein constitue un mot clé. Et cela pour signaler qu’à son propos on commet de « graves erreurs d’interprétation ».

Pourquoi a-t-il tenu à proposer une traduction française littérale, exprimée dans un « français sans doute impossible » à savoir : être-le-là?

Etre-le-là serait plus fidèle, par exemple, que « être-là » expression qui a souvent, en effet, traduit Dasein.

Selon certaines explications Dasein signifierait « réalité humaine ». C’est l’existence humaine en tant qu’on s’efforce de la décrire en tant que « chose même », selon l’exigence phénoménologique. C’est ainsi, notamment, que l’analytique du Dasein accordera une place nouvelle et importante à la compréhension de la quotidienneté.

Je fais une hypothèse différente. Da-sein, être-le-là,  désignerait fondamentalement le Volk (le peuple), au sens völkisch et national-socialiste.

Il faut, en effet, accorder toute son importance à la signification littérale. Etre-le-là ne désigne surtout pas, chez Heidegger, un universel. Il signifie radicalement le contraire même de l’universel et surtout pas l’idée que tous les peuples expérimenteraient un « là », par exemple en l’espèce d’un ensemble de données géographiques, climatiques et de traditions culturelles.

L’être-le-là désigne le peuple allemand, le Volk, en tant qu’il ferait « non métaphysiquement » l’expérience d’un paysage naturel-spirituel, comme  lieu d’enracinement, et se signalant notamment par une langue qui, en tant que langue allemande, constitue la seconde langue de l’être après le grec.

Le Dasein, au sens fort, désigne par conséquence le Volk en tant qu’il possède une autorité ontologique légitimant, pour conquérir son espace vital, la subordination de peuples ontologiquement inférieurs ou l’extermination de peuples jugés représenter une menace à l’égard des sources et des racines de cette autorité ontologique.

Si Dasein est un mot clé de la pensée de Heidegger c’est parce qu’il constitue le mot clé de la doctrine nazo-hitlérienne dans la version transcendantale qu’en a élaboré Heidegger.

La graphie grecque du mot grec aletheia joue le rôle d’une sorte de cachet d’authentification. Le Dasein est aletheia, il a quelque chose de grec, mais de ce grec d’avant le socratisme, de ce grec beaucoup plus originaire, d’une originarité précieuse et indemne et dans laquelle Heidegger reconnait l’être même du Dasein, du Volk.

Ein Dasein, ein Reich, ein Führer!

Aletheia, c’est la vérité, la vérité de l’être, la vérité comme ouverture, comme décélement.

La thèse est alors la suivante. L’exigence herméneutique et philologique de Heidegger, formulée à la fin de 1945, parallélement au procès de Nüremberg et à ses conclusions, est une façon de se féliciter d’Auschwitz.

Le « décélement », l’ « ouverture » a eu lieu en l’espèce de l’extermination des juifs d’Europe. Ce fut l’oeuvre du Dasein.

Cela nous permet de comprendre ce qu’a été Heidegger : le designer du Dasein, Dasein étant donc le terme transcendantal pour désigner le peuple allemand en son autorité ontologique, en sa souveraineté absolue de peuple-maître et, en 1946, en son « oeuvre » biopolitique d’extermination.

Ce « design du Dasein » a bien entendu une signification « spirituelle », plus exactement « ontologico-poétique », plus exactement encore « ontologico-poético-politique ».

« Dasein », comme mot clé de 1946, fait en réalité la promotion d’Auschwitz.

Heidegger, ou le conquérant de l’espace vital spirituel du Dasein.

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1 commentaire

  1. Franchement, vous avez pas honte d’écrire des bêtises comme ça ?
    —-
    Certes il n’est pas aisé de débrouiller les fils qui ne peuvent pas ne pas relier le texte philosophique heideggérien et les positions politiques de Heidegger.

    Je vous pose simplement cette question : que faites-vous de la Daseinanalyse au regard de cette déclaration de Heidegger :

    « L’ennemi est celui-là, est tout un chacun qui fait planer une menace essentielle contre l’existence du peuple et de ses membres. L’ennemi n’est pas nécessairement l’ennemi extérieur, et l’ennemi extérieur n’est pas nécessairement le plus dangereux. (…) L’ennemi peut s’être enté sur la racine la plus intérieure de l’existence d’un peuple, et s’opposer à l’essence propre de celui-ci, agir contre lui. D’autant plus acéré, et dur, et difficile est alors le combat, car seule une partie infime de celui-ci consiste en frappe réciproque; il est souvent bien plus difficile et laborieux de repérer l’ennemi en tant que tel, de le conduire à se démasquer, de ne pas se faire d’illusions sur son compte, de se tenir prêt à l’attaque, de cultiver et d’accroître la disponibilité constante et d’initier l’attaque depuis le long terme, avec pour but l’extermination totale. »

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