Heidegger : article du Figaro sur la non publication chez Gallimard de « Heidegger à plus forte raison ».

Gallimard renonce à publier un livre sur Heidegger

 

 

La non-parution d’un ouvrage consacré au penseur allemand suscite surprise et interrogation.

HEIDEGGER à plus forte raison ne verra pas le jour chez Gallimard. Ce projet d’ouvrage collectif – qui devait paraître à la rentrée et se voulait, tout autant une élucidation des liens entre la pensée de Heidegger et son attitude personnelle durant la période nazie, qu’une riposte à Emmanuel Faye qui a défrayé la chronique l’an dernier avec son ­livre Heidegger, l’introduction du nazisme en philosophie (1) – a été brusquement interrompu.

Pour François Fédier, philosophe et traducteur de Heidegger, les éditions Gallimard ont craint un procès de la part d’Emmanuel Faye, dont les compétences philosophiques et linguistiques étaient mises en cause par les auteurs de l’ouvrage et qui, selon ceux-ci, se serait livré à des «intimidations», en envoyant aux journalistes des mises en garde sur le contenu du ­livre à paraître.

Des « révisionnistes » déguisés. Outre la contribution de François Fédier, qui a consacré sa vie à l’oeuvre du penseur allemand, Heidegger à plus forte raison comprenait celles de Marcel Conche, professeur à

la Sorbonne

, et de philosophes comme Gérard Guest ou Pascal David. L’ensemble du livre était une réfutation de la thèse d’Emmanuel Faye, accusé par les auteurs de considérer la pensée de Heidegger comme une gnose totalitaire sophistiquée et de percevoir les heideggeriens tel François Fédier comme des ­« révisionnistes » déguisés.

Pour ce dernier, l’obsession anti-heideggerienne d’Emmanuel Faye, maître de conférences à l’université de Nanterre, relève de la « paranoïa » : « Je n’avais pas au départ le projet de réfuter la thèse de Faye, tant elle est aberrante ; c’est Marcel Gauchet, le directeur du Débat chez Gallimard, qui m’a suggéré de le faire, parce que pour lui le livre de Faye relevait de la police de la pensée et dépassait les bornes de l’acceptable sur le plan de l’honnêteté intellectuelle. »

Point de vue partagé par Pascal David, philosophe et germaniste, qui enseigne à l’université de Brest et n’hésite pas à parler d’une « petite affaire Kravchenko ». « Faye est un mauvais germaniste qui commet des contresens sur les mots employés par Heidegger, affirme celui-ci, qui regrette que sa thèse complaisemment ­relayée par Roger Pol Droit ait nourri une campagne éhontée ­contre le penseur à travers Le Monde, Le Point, Le Nouvel Obser­vateur et Libération. »

Chez Gallimard, on réfute l’idée qu’une quelconque pression médiatique soit à l’origine de l’abandon du projet ; mais l’on ­admet que le livre comportait des « passages gênants », ­notamment une défense par Fédier de Jean Beaufret, introducteur et ami de Heidegger en France après la guerre, qui fut accusé de propos « négation­nistes ». Un point que conteste ­Fédier qui affirme avoir modifié son texte sur ce sujet pour éviter les malentendus.

«Le livre paraîtra ailleurs». En outre, la polémique et la trop grande « personnalisation » du ­débat, qui ne sont pas « le genre de la maison » ont certainement joué dans l’interruption du projet. De son côté, Philippe Sollers, éditeur chez Gallimard qui a consacré le numéro du mois de juin de la ­revue L’Infini à Heidegger et soutenu l’initiative de François ­Fédier, regrette vivement l’abandon du projet. « Il y a une volonté étrange de la part d’un certain nombre de gens de mettre Heidegger dans une bibliothèque nazie pour mieux éviter de le lire alors que son oeuvre fait partie du programme de l’agrégation de philosophie. » Sollers ajoute : « Et l’on voit aujourd’hui des médias comme le Nouvel Observateur consacrer leur une aux SS, à partir du livre très vendeur de Jonathan Little, et dans le même temps dénigrer un penseur fondamental, au nom de l’antifascisme. »

Heidegger à plus forte raison sera-t-il publié ? Pour François Fédier, cela ne fait pas de doute. « Je ne sais pas encore chez quel éditeur on publiera ce livre, mais il paraîtra », conclut celui-ci, qui refuse tout débat ­direct avec Emmanuel Faye.

* Chez Albin Michel

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4 commentaires à Heidegger : article du Figaro sur la non publication chez Gallimard de « Heidegger à plus forte raison ».

  1. Bonsoir,

    Dans « le Monde » du 29/09/06, M. Jean Birnbaum signale un joli lapsus commis par le PDG de la maison Gallimard qui, dans le courrier qu’il adresse à M. Fédier pour lui signifier l’impossibilité de publier « Heidegger à plus forte raison », écrit au lieu de ce titre: « Heidegger à perdre la raison ». C’est nettement plus juste et surtout plus amusant!
    R. Misslin

    Rédigé par : Misslin René | le 29/09/2006 à 18:26 | Répondre | Modifier
  2. Maintenant, il convient de se demander pourquoi Gallimard continue de publier Heidegger. Ah j’oubliais. Pour le fric.

  3. Il est certain qu’un « grand » éditeur publie autant pour des raisons d’habitudes, de pesanteurs diverses et en vue d’objectifs économiques que pour des raisons strictement intellectuelles.
    Je me réjouis que Gallimard se soit réveillé, fût ce un peu tard (après avoir laissé passer « l’édition » des écrits politiques de Martin Heidegger par François Fédier, et laissé à Philippe Sollers toute latitude pour publier « die Gefahr » (la conférence négationniste de Martin Heidegger-qui fait à tout le moins débat) dans la « traduction » France-Lanord.
    Philippe Sollers s’est ici beaucoup « mouillé ». Marcel Gauchet est pour le moins fuyant avec ses considérations générales sur la judiciarisation de l’édition-oubliant que c’est aux directeurs de collections qu’il revient de faire le travail que le service juridique de Gallimard a effectué. Et Pierre Nora ?
    Il faut en un sens se réjouir que ce « livre » vite et mal écrit par la bande de Parolesdesjours soit presque passé au travers de la vigilance d’une « grande » maison d’édition intellectuelle (même si elle vit plutôt de Harry Potter) : la clique aura au moins réussi à prouver a posteriori, mieux que Emmanuel Faye n’aurait pût l’espérer, qu’il y a un problème au sein de l’heideggérisme français, et un gros…
    un grand merci à nos grands discrets.
    Yvon Er.

    Rédigé par : Yvon Er | le 03/10/2006 à 18:09 | Répondre | Modifier
  4. vie et l’oeuvre du philosophe G.Mietzenagora. HEIDEGGER

    TABLE DES MATIÈRES

    I. Les doctrines des penseurs d’inspiration théologique sont hégémoniques dans la Haute Culture contemporaine.. .5

    II. Deux sources pour situer Heidegger: l’idéalisme protestant et la théologie moderniste.. .6

    III.. Le projet de Heidegger.. .7

    1. «…faire ce que mes forces me permettent pour la détermination éternelle de l’homme intérieur……. 8

    2. Le système du catholicisme problématique et inacceptable, mais non pas le christianisme…9

    3. Mettre en synergie la phénoménologie et la théologie moderniste… 10

    4. L’énorme méprise: Heidegger serait un penseur athée!…11

    IV. Dispositif cognitif des contemporains de Sein und Zeit… 12

    1. La nouvelle physique et la nouvelle épistemologie positive: Einstein et le Cercle de Vienne… 13

    2. Abandon de l’ontologie par la nouvelle physique… 14

    V. Itinéraire de l’entreprise de Heidegger… 15

    1. Les débuts de la carrière universitaire de Heidegger… 15

    2. De Husserl au proto-théologique… 16

    3. La question à laquelle Heidegger veut répondre: à quelles conditions une interprétation juste de la foi chrétienne est-elle possible?…20

    4. Stratégie rhétorique: la question de l’être.. .24

    5. Le concept chrétien moderniste de la théologie adopté par Heidegger…25

    VI. Les fondements ontologiques existentiels pour une théologie telle que la conçoit Heidegger en 1927.. .26

    1. Destruction sive déconstruction de la métaphysique et construction d’une nouvelle assise dogmatique pour la théologie… 26

    2. «La différence ontologique» comme révélation du sacré…28

    3. La voix de la conscience morale: structure ontologique pour le péché…30

    4. La «transcendance» de «l’Etre»: tremplin «ontologique» vers la «transcendance» de dieu…30

    5. «L’Etre pour la mort»: fondement «ontologique» pour le trépas chrétien…31

    6. Les herméneutiques existentielles pullulent.. .32

    7. L’Etre et le dieu…32

    VII Heidegger et l’Histoire.. .36

    1. Historicité mythique du christianisme de Heidegger.. .36

    2. Les hommes «porteurs d’une injonction lointaine».. .41

    3. Heidegger, la spiritualité et le nazisme.. .43

    Bibliographie.. .47

    suite sur : http://cahiersdelamoire.blogspot.com/2007/04/heidegger.html

    il s’agit d’une étude très peu connue d’un assistant en philosophie de l’ULB
    décédé récement.

    cordial
    frans tassigny

    _______________________

    Sera publiée sur le blog l’étude correspondante.

    Sk

4 commentaires

  1. Bonsoir,

    Dans « le Monde » du 29/09/06, M. Jean Birnbaum signale un joli lapsus commis par le PDG de la maison Gallimard qui, dans le courrier qu’il adresse à M. Fédier pour lui signifier l’impossibilité de publier « Heidegger à plus forte raison », écrit au lieu de ce titre: « Heidegger à perdre la raison ». C’est nettement plus juste et surtout plus amusant!
    R. Misslin

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  2. Il est certain qu’un « grand » éditeur publie autant pour des raisons d’habitudes, de pesanteurs diverses et en vue d’objectifs économiques que pour des raisons strictement intellectuelles.
    Je me réjouis que Gallimard se soit réveillé, fût ce un peu tard (après avoir laissé passer « l’édition » des écrits politiques de Martin Heidegger par François Fédier, et laissé à Philippe Sollers toute latitude pour publier « die Gefahr » (la conférence négationniste de Martin Heidegger-qui fait à tout le moins débat) dans la « traduction » France-Lanord.
    Philippe Sollers s’est ici beaucoup « mouillé ». Marcel Gauchet est pour le moins fuyant avec ses considérations générales sur la judiciarisation de l’édition-oubliant que c’est aux directeurs de collections qu’il revient de faire le travail que le service juridique de Gallimard a effectué. Et Pierre Nora ?
    Il faut en un sens se réjouir que ce « livre » vite et mal écrit par la bande de Parolesdesjours soit presque passé au travers de la vigilance d’une « grande » maison d’édition intellectuelle (même si elle vit plutôt de Harry Potter) : la clique aura au moins réussi à prouver a posteriori, mieux que Emmanuel Faye n’aurait pût l’espérer, qu’il y a un problème au sein de l’heideggérisme français, et un gros…
    un grand merci à nos grands discrets.
    Yvon Er.

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  3. vie et l’oeuvre du philosophe G.Mietzenagora. HEIDEGGER

    TABLE DES MATIÈRES

    I. Les doctrines des penseurs d’inspiration théologique sont hégémoniques dans la Haute Culture contemporaine.. .5

    II. Deux sources pour situer Heidegger: l’idéalisme protestant et la théologie moderniste.. .6

    III.. Le projet de Heidegger.. .7

    1. «…faire ce que mes forces me permettent pour la détermination éternelle de l’homme intérieur……. 8

    2. Le système du catholicisme problématique et inacceptable, mais non pas le christianisme…9

    3. Mettre en synergie la phénoménologie et la théologie moderniste… 10

    4. L’énorme méprise: Heidegger serait un penseur athée!…11

    IV. Dispositif cognitif des contemporains de Sein und Zeit… 12

    1. La nouvelle physique et la nouvelle épistemologie positive: Einstein et le Cercle de Vienne… 13

    2. Abandon de l’ontologie par la nouvelle physique… 14

    V. Itinéraire de l’entreprise de Heidegger… 15

    1. Les débuts de la carrière universitaire de Heidegger… 15

    2. De Husserl au proto-théologique… 16

    3. La question à laquelle Heidegger veut répondre: à quelles conditions une interprétation juste de la foi chrétienne est-elle possible?…20

    4. Stratégie rhétorique: la question de l’être.. .24

    5. Le concept chrétien moderniste de la théologie adopté par Heidegger…25

    VI. Les fondements ontologiques existentiels pour une théologie telle que la conçoit Heidegger en 1927.. .26

    1. Destruction sive déconstruction de la métaphysique et construction d’une nouvelle assise dogmatique pour la théologie… 26

    2. «La différence ontologique» comme révélation du sacré…28

    3. La voix de la conscience morale: structure ontologique pour le péché…30

    4. La «transcendance» de «l’Etre»: tremplin «ontologique» vers la «transcendance» de dieu…30

    5. «L’Etre pour la mort»: fondement «ontologique» pour le trépas chrétien…31

    6. Les herméneutiques existentielles pullulent.. .32

    7. L’Etre et le dieu…32

    VII Heidegger et l’Histoire.. .36

    1. Historicité mythique du christianisme de Heidegger.. .36

    2. Les hommes «porteurs d’une injonction lointaine».. .41

    3. Heidegger, la spiritualité et le nazisme.. .43

    Bibliographie.. .47

    suite sur : http://cahiersdelamoire.blogspot.com/2007/04/heidegger.html

    il s’agit d’une étude très peu connue d’un assistant en philosophie de l’ULB
    décédé récement.

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    Sera publiée sur le blog l’étude correspondante.

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