HEIDEGGER SUR L’ACROPOLE – La propagande de « l’Etre »?

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Je viens de regarder une vidéo de quelques minutes où l’on voit Heidegger, tenant sa femme par la main, marcher en direction du Parthénon. Suit un entretien où il revient, avec des phrases bien adaptées au média télévisuel, sur la question de l’être et sur le Ge-stell.

Je n’arrive pas à me départir d’un sentiment de malaise. J’ai déjà vu de semblables images. Des officiers nazis se faisant filmer, au début de la seconde guerre mondiale, sur l’Acropole. Images d’archives, noires et blanches, tremblotantes et vues dans des documentaires historiques.

"Regarde philosophiquement!" dira-t-on. "Regarde pour penser, en élève penseur à la recherche d’un maître"! Et pourtant je ne parviens à saisir que des clichés médiatiquement heideggeriens : la question de l’être, le Dasein, le Ge-stell…  Rien qui ne s’oppose à la fidélité au fascisme proclamée dans le texte … "écrit par Heidegger aprés sa mort". (Je parle de l’entretien accordé au Spiegel et publié à titre posthume.)

Je ne vois dans cette vidéo qu’une propagande. Je devrais être saisi, jüngeriennement, par la grandeur des ruines de l’Acropole et admirer ce penseur qui, âgé, monte vers leur sublimité. Et puis, madame Heidegger, tenue médiatiquement par la main de l’amant "schizo" de Hannah Arendt. Je suis pris pour quoi par cette vidéo?

La leçon, pourtant, on la connaît. Le Dasein que je suis serait disposé à entendre la question de l’Etre. Hors de cette voie il n’y aurait qu’absence de pensée. Un vide occupé par la non pensée que serait la science. "Le désert croît". Tant pis si celui qui est censé être parvenu à savoir un peu ce que penser veut dire donne l’impression qu’il n’a au fond jamais changé, jamais véritablement déconstruit son erreur majeure. Il faut attendre le dieu qui sauve. Prévenu du danger, mais tenu dans le vague par le Maître, il ne me resterait plus qu’à croiser les doigts dans l’espoir que ce dieu ne soit pas un second Hitler.

Incroyable cette propagande pour la phénomènologie transcendantale d’aprés le tournant!.. Est-ce que j’ai rêvé?.

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4 commentaires

  1. A une petite feuille de salade,

    Heidegger n’est pas toute la phénomènologie. En un sens il faut se féliciter du courage que montrent certains à ne pas laisser la phénomènologie dans les mains du Heidegger-Heidegger, c’est-à-dire du Heidegger pro-nazi.

    Skildy.

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  2. A L,

    Il est vrai que si la question du Heidegger nazi avait été posée plus clairement il serait plus facile de vous répondre.

    N’attendez pas de moi que, par omission, je donne l’impression de désigner des phénomènologues qui seraient censés être complices du Heidegger-Heidegger, du Heidegger pro-nazi.

    Mauvais souvenir : quand j’ai lu pour la première fois les « chemins qui ne mènent nulle part » c’est dans une édition de poche Gallimard sans aucune introduction sur le contexte. Le brouillard « académique » quoi. Il règne encore.

    Sk.

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