QUELQUE CHOSE DE LOANA – A propos de Match Point de Woody Allen

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Une double dissociation

Un film de Wooden Allen c’est toujours un peu "au bonheur des cinéphiles". D’abord parce qu’il est possible d’y retrouver le goût de quelques petites madeleines. Dans Match Point le Londres de Woody Allen évoque celui d’Antonioni de Blow Up. Le personnage de Chris n’est pas sans points communs avec celui du photographe pris dans le piège des simulacres pour avoir préféré l’image photographique au réel dont elle se doit de témoigner. Seulement, dans Match Point, le meurtre est incontestable et même double comme un fusil de chasse à deux canons. Et puis, surtout, on pense à Jean Renoir et à la Règle du jeu. La référence à Renoir nous permet au reste de faire l’hypothèse que le ressort philosophique et dramatique du film est tout entier dans la dissociation vécue par les personnages entre un sentiment socialisé – parfois jusqu’à l’hypocrisie la plus caricaturale – et le désir sauvage, animal et pulsionnel – qui se retourne en pulsion meurtrière et réintégratrice dans le jeu social. Ou, en termes nietzschéens, entre un monde appolinien de l’apparence, profitable et confortable, et un monde dyonisiaque aussi tentant que dangereux et inassumable.

Dans le film de Hitchcock, L’inconnu du Nord-Express, le personnage féminin que fait assassiner le tenisman parce que devenu "de trop" et dangereux pour son avenir est plutôt terne et n’a en apparence rien de la bombe sexuelle. Il est, je crois, joué par la fille de Hitchcock. Au contraire, dans Match Point, le même personnage – Woody Allen puisant dans la mémoire cinématographique les pièces de son jeu – est un pur chef d’oeuvre  de sex apeal. Et comme elle s’appelle Nola –  nom que prononce aussi  son meurtrier au moment de l’abattre et comme pour, en l’obligeant à se retourner, lui envoyer les chevrotines en plein visage – on n’hésitera pas, en jouant approximativement avec les lettres, à y voir une version de Loana, cette créature "blondie" et pulpeuse qui fit un triomphe médiatique dans un reality show célèbre.

Dans cette mécanique précise et meurtrière qu’est la partie de Match Point Nola est précisément l’élément qui déclenche le processus d’élimination. J’y reviendrai plus loin, Nola-Loana  n’est cependant pas une victime uniquement au moment de son meurtre. Elle est déjà détruite et ravagée de l’intérieur. Pour le dire autrement elle est une pure image sexuelle totalement disjointe de son identité laquelle est donc  pour le moins problématique et obscurcie. Mais avant d’enrichir la description du personnage de Nola-Loana décrivons la mécanique holi-woodyenne de Match Point.

Pitch!

Chris Walton est un beau gosse irlandais issu d’ un milieu modeste et qui a réussi à atteindre un niveau professionnel dans le tennis. Il accepte d’enseigner sa technique dans un club hupé. Là il fait la connaissance de Tom Hewett dont le père est à la tête d’une puissante affaire internationale. Appartements sur la Tamise, cottage néo-gothique, écurie, domaines de chasses voitures luxueuses et conduites par des chauffeurs. Tom, en bon agent recruteur, guide Chris vers sa soeur, Chloé dont la famille – la famille Hewett- attend qu’elle se marie pour perpétuer la dynastie. Amateur d’opéras, genre dont raffole les Hewett, Chris se fait rapidement accepté. Enrobé d’un chocolat de culture il peut être assimilé par le clan. Hewett père lui trouvera même un emploi gratifiant dans ses bureaux londoniens. Mais alors que l’idée du mariage entre Chris et Chloé  s’annonce dans le "scénario de vie" du clan Hewett Chris découvre la fiancée de Tom, une jeune blonde américaine langoureuse, Nola Rice. Elle aussi est issue d’un milieu pauvre. Elle a "galéré". Actrice débutante elle passe des auditions qu’elle semble vouée à rater. Chris et Nola deviennent amants tandis que l’idée du mariage avec Chloé se précise et sera confirmée. C’est à ce point que prend corps une double dissociation. Il y a le Chris "pauvre irlandais" et le Chris déjà marié à la fille d’une famille anglaise puissante. Mais il y a aussi le Chris charnel et animal qui trouve en Nola le partenaire idéal et le Chris géniteur auquel on demande surtout d’être le bel étalon de l’écurie Hewett. Tom rompera avec Nola. Nola l’a-t-elle "largué"? A-t-il eu peur de la dissonnance Nola?.. Car Nola c’est aussi no la. A-t-il perçu autre chose qui l’a éloigné d’elle? Ou fait-il preuve d’un "devoir de classe"en épousant  une fille du sérail déjà enceinte de ses oeuvres?  Chloé, pour sa part,  passe son temps à tuer le désir de Chris en faisant montre de son obsession de la maternité. On la voit même un matin, au petit déjeuner, un thermomètre dans la bouche pour vérifier sa fécondité. Quand Nola, lasse de la double vie de son amant lui demande s’il aime Chloé il répond : "Elle est gentille". Les mots gentils sont parfois, chez Woody Allen, particulièrement cruels. Autant, du reste, pour ceux qui les profèrent que pour ceux auxquels ils sont destinés.

Donc… pendant que Chloé attend impatiemment d’être Chloaque… Nola annonce à Chris qu’elle attend un enfant et que comme elle a déjà avorté deux fois elle ne renoncera pas une fois de plus à la maternité. Chris passe son temps à jurer qu’il va parler à Chloé, qu’il va rompre son mariage. Mais autant il est fasciné par le sex apeal de Nola autant, sous le regard des Hewett et notamment celui de Chloé, il se sent tenu de ne pas décevoir. Chloé lui demandant s’il a une liaison et ne comprenant pas que sa femme est prête à accepter sa double vie et à négocier il répondra que non devenant par là menteur suprême et se plaçant en situation d’avoir désormais à régler le "problème" Nola-Loana. Laquelle risque, à tout moment, de faire scandale. Il la tuera. Par la vertu de  ce meurtre dont, grâce à une circonstance "miraculeuse", un innocent portera le chapeau, il réintégrera définitivement, et par un chemin beaucoup plus sacrificiel que celui emprunté par Tom, le jeu social des apparences dont les Hewett fixent et maîtrisent les règles.

Un des derniers plans est terrifiant. S’étant débarassé de la gênante et dangereuse Nola-Loana il célèbre en famille l’arrivée de son bébé dans l’appartement de la Tamise. Woody Allen le cadre comme s’il était lui-même un bébé, un bébé monstreux. Grâce à la vertu de son meurtre – comme si on entrait dans le clan des Hewett comme dans un clan maffieux : par le sang – il est devenu un bébé de grand bourgeois. Mais, surtout, il est à l’instar de son bébé une chose dépendante. Il n’a aucune  épaisseur paternelle. Il n’est qu’un étalon sans consistance, un simple porteur de gènes supposé apporter un peu de sang neuf. Argent, confort, considérations seront-ils des drogues assez puissantes pour calmer son mal de vivre? Et pour lui permettre d’oublier ses fantômes dostoïevskiens?

Le mystère Nola

Je reviens maintenant au personnage de Nola qu’avec mon jeu de mot facile j’aurais quelque peu déconsidéré. Woody Allen ne commet évidemment pas  la bévue de considérer ses personnages comme réductibles à leur activité "intra-filmique". Ils sont eux-mêmes pris dans des scénarios de vie soit convergents soit opposés. On ne voit d’eux que quelques facettes. Il n’y a au reste pas de personnages vides par rapport à des personnages pleins. Le personnage du "black", par exemple, qui frappe à la porte de la voisine et croise Nola quelques minutes avant qu’elle soit tuée n’est pas un figurant. C’est simplement un "scénario de vie" dont on ne verra briévement qu’une facette. Chaque présence n’est que l’émergence plus ou moins apparente d’une existence. De ce point de vue j’ai été frappé par le "mystère" Nola. Woody Allen ne donne d’elle que les indications nécessaires et suffisantes pour rendre le personnage mystérieux et, il est vrai, propice aux fantasmes. Par exemple, jeune comédienne, Nola dit qu’elle passe des auditions. Elle les rate et cela l’a plonge dans des dépressions qu’elle soigne à la vodka ou au gin. Celle qui aurait pu devenir sa belle-mère lui dit au reste un jour qu’il serait temps qu’elle décide si oui ou non il est raisonnable qu’elle s’obstine. Or on n’assiste à aucune des auditions. Sont-elles réelles? Sont-elles vraiment des auditions?

J’ai donc une "thèse" sur le personnage de Nola. Nola serait une comédienne dans la vie. La sensualité que les hommes lui prêtent étant donné son physique excitant n’est qu’un leurre. C’est une femme froide et dans la souffrance. Les auditions sont peut-être effectives, peut-être pas. Elles peuvent par exemple être des fictions destinées à masquer le fait qu’elle joue la comédie dans la vie. Une scéne parle un peu en ce sens même si, bien entendu, Woody Allen met les fantasmes du spectateur à contribution. Chris trouve le moyen de la retrouver dans son appartement. Il se rue littéralement sur elle et elle joue le jeu. Elle se révèle experte. Elle lui bande les yeux avec sa cravatte. Mais nous voyons surtout que Chris ne voit rien. Et que ne voit-il pas?.. La caméra glisse sur la gauche laissant les amants dans leur extase et cadre la neige qui tombe à l’extérieur comme si le froid glacial était la vérité de la scéne. Nola est une pure image sexuelle, une image glacée. Elle ne fait que surfer sur le fantasme des hommes. Elle figure, à côté de la génitrice acharnée qu’est Chloé – laquelle ne se justifie d’être charnelle et désirante qu’à être reproductrice – la prostituée. Elle est allée faire un séjour aux Etats-Unis et revient en ayant les moyens de louer un studio à Londres. Qu’a-t-elle fait? S’il est probable que c’est Tom qui a cassé leurs fiançailles n’est-ce pas parce qu’il aurait deviné le secret de Nola à savoir de souffrir de ne pouvoir être qu’une comédienne dans la vie et non au théâtre ou devant une caméra? Son "quelque chose de Loana" n’est en rien accusateur. Son désir de devenir une comédienne est sincère. Mais trop de caméras n’ont rien à faire de ce désir là. Elles tournent désormais dans un univers de reality show permanent. Autrement dit si les auditions sont réelles quelque chose fait que, à cause de cette situation, la dimension de jeu et de comédie est absente. La réalité elle-même devient à l’image du reality show enfermant la "bombe sexuelle" Nola-Loana dans une comédie existentielle permanente et sans possibilité de se différencier d’une véritable scène. Nola s’est laissé corporellement enfermée dans un espace d’écrasement de la comédie et de l’existence, de l’image et du réel. Elle vit douleureusement leur absence de délimitation. Et alors que le fait d’être enceinte aurait pu lui ouvrir un véritable espace de réalité elle découvre, sans vouloir y croire, que pour Chris c’est un désastre et une mort. Ce qui pour elle est une possibilité de renaissance est pour son amant la fin du grand rêve hewettien. Abondonnée par le fin bourgeois Tom elle est trahie par son "frère de classe" lequel n’est plus qu’un bébé de grand bourgeois.

Que fait la caméra?

Qu’est-ce que filmer? Qu’est-ce que faire un film conçu comme une "histoire" avec des personnages et permettant à un public de passer un bon et intéressant moment? Quelles limites donner à la caméra dans sa puissance d’investigation des ressorts des "scénarios de vie" qui produisent la réalité sociale dans sa complexité? La détresse de Nola-Loana est celle d’un "rôle en quête d’acteur". Elle dit la misère d’un certain cinéma qui, n’étant plus en quête d’auteur, accepte de prêter son concours, profit obligé, aux fantasmagories les plus aliénantes. Nola s’est ainsi vidée presque totalement de son humanité charnelle. Elle n’a pas besoin d’avoir été un homme pour être un travesti. Défendant son droit à la chair, à travers l’enfant qu’elle porte, c’est parce qu’elle se révolte et n’accepte pas les marchandages que Chris optera pour l’élimination. Du point de vue de la destruction – de l’auto-destruction – elle avait une large avance sur Chris. Mais elle avait cette possibilité de retrouver un repère charnel et d’humanité avec l’enfant. Quand Chris a perpétré ses meurtres Woody Allen décrit bien ce qui s’empare alors du corps de Chris. C’est surtout de lui-même qu’il accouche, lui-même en tant que bébé grand bourgeois. Il lui faut alors littéralement purger ce qu’il lui restait d’humanité. Il se vide de lui-même pour accoucher de sa nouvelle substance sociale. En ce sens la caméra capte comment les mouvements internes des personnages, leurs discrètes mutations, affectent la manière dont ils vivent le temps.

Mémoire et création

Non seulement Woody Allen aime faire des films mais il aime le cinéma. Il puise dans sa mémoire cinéphilique les opérateurs de sa propre originalité. Je reviens donc sur certaines références et propose quelques résonances.

* L’inconnu du Nord-Express d’Alfred Hitchcock. C’est la référence matricielle du film. Woody Allen fait non un remake mais une "allénisation" d’un des maîtres films d’Hitchcock. Nous avons vu comment il transforme l’anti-modèle de la "femme en trop" du film d’Hitchcock en bombe sexuelle. Cela lui permet de fouiller avec la caméra la dissociation entre le sentiment socialisé et la pulsion sauvage et animale. Par ailleurs le personnage de Nola est sinon fouillé du moins placé dans un éclairage trouble et suggestif. C’est un personnage complexe. Mais, surtout, le film est une variation brillante sur l’idée de suspense. C’est un moment de dilatation du temps. Et alors que Chris est antipathique, bien qu’il puisse inspirer de la pitié, le spectateur se prend à craindre qu’il ne soit démasqué.

* Blow Up de Michelangelo Antonioni. Antonioni a filmé le Londres du début des années soixante. Woody Allen revient sur les lieux cinquante ans après et fait le portrait de la ville actuelle. On notera la présence de la nouvelle Tate gallery d’Herzog et Demeuron. Mais, comme dans Blow Up, la peinture est trés présente. D’abord comme référence plastique pour le travail même sur les cadres et les couleurs. Ensuite comme élément de documentation "anthropologique". Nous voyons une série d’oeuvres, à la nouvelle Tate, sur le thème du dédoublement. Plus essentiellement il y a un parallèle entre le photographe de Blow Up – Réginald, je crois – et Chris. Le premier, qui transforme sans état d’âme des photographies de SDF en oeuvres marchandes, se perd entre réalité et image. La partie de tennis qui clôt le film, mimée par des clowns avec une balle inexistante et invisible, plonge le photographe dans une méditation sur l’escamotage du réel. Dans Match Point les balles sont bien réelles. On en voit des paniers entiers. Mais, surtout, le "réalisme naïf" de Chris fait qu’il prend pour de l’argent comptant la sensualité de Nola. La balle était en réalité inexistante. De même, à la fin, et même s’il gagne par chance le match de sa vie, il ne gagne qu’à continuer à jouer un jeu vide. Comme les clowns d’Antonioni il ne lui reste plus, devenant du même coup une Nola, qu’à jouer la comédie de la vie et non à la vivre.

* La règle du jeu et La chienne de Jean Renoir. Jean Renoir fait partie de la culture de Woody Allen. Il reconnaît qu’il y a comme un concept de la "règle du jeu". Chris, en tuant, semble payer le droit d’entrer dans un monde possèdant ses règles strictes. On ne peut s’empêcher, en ce sens, de tracer un arc de cercle entre l’évocation de la drogue et des dealers – Chris déguise ses meurtres en assassinat de drogués en manque – et la fortune des Hewett. Blanchissent-ils?.. Qu’ils blanchissent ou non nous savons que l’argent a structurellement parlant le pouvoir d’effacer les traces de la violence de ses origines. Comme on dit il n’a pas d’odeur. De La chienne Woody Allen a surtout repris l’idée de l’inversion entre justice et culpabilité. Dans le film de Renoir c’est Dédé qui paie pour le crime perpétré par Michel Simon. Dans Match Point c’est un drogué de base qui, en enfilant une bague que Chris avait cru avoir jetée dans la Tamise, bague appartenant à une de ses victimes, paiera pour le double crime de Chris.

* Allemagne année zéro de Roberto Rossellini. C’est la référence la moins évidente. Mais il y a des plans de Chris regardant dans le vide qui font songer au jeune Edmund quand, à la fin du film de Rossellini, et ne pouvant supporter le spectacle de Berlin en ruines, il se jette dans le vide et vient s’écraser au pied d’une passante. Certes Londres n’est pas en ruine. Mais tous les personnages du film sont en état de ruine intérieure. Et, surtout, Chris ne se suicide pas. Chris, le chrétien, ne commettra pas le péché de suicide.

* Et puis Citizen Kane… Et puis Ingmar Bergman…

4 commentaires

  1. Vous n’avez pas parlé de la scene importante pour le spectateur où Chris lance l’alliance de sa vieille victime vers la Tamise. On y voit l’alliance en premier plan qui oscille dans les airs avant de heurter le haut de la barrière de protection du fleuve et de retomber sur la terre ferme. Il s’agit la d’une scene importante. Comme si le mariage de Chris etait symbolisé par la bague et se jouait sur un match de tennis. Le parallélisme avec la premiere scene est facile. A avoir tué sa maitresse, Chris en joue son mariage et sa vie… qui seront sauvés par de la chance (thème central du film). En effet, sans sa femme, c’est sa vie qui est fichue, tout ce qu’il a accumulé (richesse, luxe, ascention sociale…) disparaitrait.

    Pourtant Catholique, Chris n’a pas payé pour son pêché de luxure et ses crimes, grace à la chance encore une fois. je ne vois donc pas de lien avec la religion dans ce film avant tout ammoral. Alors, si il n’y a pas de lien avec la religion, pourquoi ne se suicide-t-il pas ? Ce n’est surement pas par peur de commetre le « péché de suicide » comme vous l’avez écrit. A voir son regard à la fin, j’ai l’impression qu’il considère ce qu’il a fait comme achevé et regarde droit vers l’avenir (cf. dernière image) comme pour reconstruire son intérieur, pour faire comme sa « famille » qui elle aussi se « construit » à l’aide du bébé qui vient d’arriver dans le clan et siège derriere lui dans l’image. Il confirme alors sa volonté de rester dans la famille, donc il ne regrette pas d’avoir tué Nola. Au contraire, Chris est fort, (il a tué tout de même !!) il est donc capable de reconstruire ce Berlin (année zero) qui est au fond de lui-même. De plus, la discussion qu’il a eue avec les « âmes » de ses victimes le montre bien…

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