Un entretien d’Emmanuel Faye avec Brice Couturier et Alain Finkielkraut

Je publie ici la transcription d’un entretien de Brice Couturier avec Emmanuel Faye et Alain Finkielkraut. Il s’agit d’un extrait de l’émission Contrexpertise programmée par France Culture dans le courant du mois d’Aout 2005.

Le texte de l’entretien a été revu et corrigé par Emmanuel Faye.

Emmanuel Faye : Il y a une donnée entièrement nouvelle et qui vient du fait que, en Allemagne, sont parus 66 volumes sur 102 à paraître de la dite Gesamtausgabe. Et depuis peu d’années nous avons des cours absolument effarants, des cours hitlériens et nazis, que nous pouvons lire depuis peu de temps. Ni Lévinas ni Foucault ne connaissaient ces cours. Donc, à cet égard, par rapport à ce que disait Alain Finkielkraut, je lui dirais que ce n’est pas le passé que nous regardons mais c’est le présent et notre futur. C’est-à-dire, le risque c’est de se demander quelle sera l’influence de ces écrits actuellement en cours de parution alors même qu’ils vantent l’anéantissement total de l’ennemi « enté sur les racines du peuple ». C’est quand même terrible. En 1934 Heidegger parle de la völlige Vernichtung soit d’anéantir totalement l’ennemi intérieur, « le débusquer dans le peuple ».

Nous avons donc un ensemble de textes non encore traduits en français et c’est pour cela que dans mes recherches j’ai voulu donner à lire ces textes. J’ai un travail qui a duré de longues années et c’est pourquoi lorsque j’entends parler de paresse intellectuelle je peux sourire parce qu’il m’a fallu travailler quinze heures par jour, au milieu de mes séminaires sur Heidegger donnés à l’Université Paris X pour sortir ces textes. Alors que voyons-nous aujourd’hui? Nous voyons que, à mon avis, on ne peut plus dire, comme on pouvait peut-être encore le dire ily a 20 ans, qu’il y a un grand philosophe qui aurait écrit une oeuvre majeure, en 27, Etre et temps, pour ensuite se compromettre en 33. Je dirais plutôt qu’il y a un homme qui a volontairement tenté de compromettre toute la philosophie occidentale tout d’abord en exprimant, sous des termes d’apparence philosophique comme « vérité de l’être » ou « essence de l’homme » un contenu qui ne l’était pas. Et ensuite après la défaite nazie de 45 en faisant comme si toute la métaphysique occidentale était responsable de ce qui s’était produit de pire au 20° siècle.

Or la question maintenant est de savoir, et c’est d’autant plus important que ce texte, pour la première fois est au programme de l’agrégation pour l’an prochain, est de savoir si Etre et temps est une grande oeuvre indemne qui n’aurait rien de politique. En réalité lorsqu’on lit déjà dans Etre et temps les paragraphes sur la mort et l’historicité avec leur éloge du sacrifice du choix des héros du destin authentique du Dasein dans la Volksgemeinschaft – dans la communauté du peuple – et lorsqu’on sait par ailleurs, comme je l’ai montré dans mon livre les liens noués dans les années vingt par Heidegger avec des auteurs pré-nazis comme Baeumler qu’il veut faire en 28 son successeur à Marbourg, ou Rothacker ou Becker cela donne à penser que l’analytique existentielle de Etre et temps se meut déjà dans l’horizon d’un combat politique lié à la montée en puissance du mouvement hitlérien dans la société allemande. Or, en 33, dans les cours que nous pouvons lire depuis 3 ou 4 ans, en allemand, Heidegger lui-même affirme à ses étudiants, je cite que « le souci – le souci c’est le terme essentiel de Etre et temps – le souci et la condition pour que l’homme puisse être d’une essence politique. » Voilà ce qu’il dit en 33. On peut condidérer que les cours ouvertement racistes et völkisch – conception raciale du peuple – de Heidegger depuis peu disponibles en allemand, et je l’espère un jour intégralement traduits en français pour que l’on voie vraiment ce qu’il enseignait sous couleur de philosophie. On peut dire que ces cours sont en quelque sorte la version völkisch et raciste de Etre et temps. C’est tout à fait comparable à ce que Carl Schmitt a fait lui-même, c’est-à-dire qu’il publie en 27 une première version du Concept du politique et, en 33, il publie une troisième éditon tout à fait différente où la dimension raciale du lien du peuple dans l’état est explicite. Evidemment ce n’est pas cette édition là qu’il va rééditer en 1962. Là on a un point trés important et toute la question est là. La relation de l’oeuvre de 27 et l’oeuvre et des cours aujourd’hui disponibles de 1933. Déjà à l’époque de Hugo Ott et de Farias on avait déjà vu l’intensité de l’engagement d’un homme. Aujourd’hui nous voyons que « l’enseignement philosophique » de Heidegger même était porteur en réalité d’énoncés comme ceux qu’on peut lire comme lorsqu’il parle, je cite « de conduire à la domination les possibilités fondamentales de l’essence de la race originellement germanique ». Ou encore lorsqu’il reprend la question kantienne « Qu’est-ce que l’homme » pour en faire la question « Qui sommes-nous? » et répondre qu’il s’agit désormais de réaliser ce qu’il nomme une mutation totale dans l’existence de l’homme « selon, dit-il, l’éducation ou la vision du monde national-socialisme inculquée dans le peuple par les discours du Führer. » Alors l’autre question qui se pose c’est qu’il s’agit des cours de 33-34. Est-ce qu’aprés 34, après la démission du rectorat est-ce que Heidegger s’éloignerait. En réalité il n’en est rien. Car nous avons maintenant à notre disposition tous les cours des années 39-42 et là j’ai découvert notamment dans un ensemble de textes sur Jünger paru l’an dernier en Allemagne (soit Sur Ernst Jünger, Tome 90 de la Gesamtausgabe) que Heidegger ne parle pas du tout à propos de Jünger du problème du nihilisme. C’est tout à fait autre chose qui l’intéresse. Ce qui l’intéresse à l’époque chez Jünger c’est la détermination d’une nouvelle race et la domination planétaire de cette nouvelle race. Et dans ces textes sur Jünger on a quand même des énoncés tout à fait graves. Par exemple Heidegger écrit que, je cite, « la force de l’essence non encore purifiée des allemands est capable de préparer dans ses fondements une nouvelle vérité de l’être. Telle est, dit-il, notre croyance. » A plusieurs reprises il parle de sa « Glaube« . C’est une croyance völkisch dans la supériorité d’essence du peuple allemand : vous avez donc des textes où il est constamment dans les années 40-42, ce sont les années où se prépare ce que sera la solution finale, (question) de l’être-race ou encore de la Rassegedanke, et il met en italique gedanke pour dire que c’est une pensée, cette pensée de la race qui, dit-il, « jaillit de l’expérience et de l’être comme subjectivité. Et, je crois, cette ontologisation du racisme dans le contexte des années 40-42 est plus grave encore que , s’il se peut, son hitlérisme des années 35.

Brice Couturier : Mais, Emmanuel Faye, est-ce que… évidemment on peut traquer les traces de soutien à tel ou tel aspect d’une idéologie totalitaire dans l’oeuvre d’un philosophe, d’un grand intellectuel. Aprés tout on a joué à ce petit jeu là avec Sartre quand on a ressorti ces fameuses déclarations de 52 sur le fait que le droit de critique en URSS de Staline était sans limite. Cela n’invalide pas le reste de son oeuvre. Et j’ai bien aimé l’expression « oeuvre indemne ». La question se pose aussi du côté de Heidegger. Il y a peut-être un Heidegger d’avant 1945 et puis un Heidegger d’aprés. Il y a une critique heideggerienne de la modernité qui est ambigüe. Il semblerait qu’à un certain moment sous l’influence des thèses de Jünger sur l’essence de la technique que seule la figure du Travailleur pourrait maîtriser parce qu’il serait en accord profond avec elle à la différence du bourgeois humaniste qui en serait incapable. Heidegger a cru voir dans le nazisme le régime politique capable de cet accord profond. Mais aprés la guerre il est trés clair qu’il est devenu et vraiment sans ambiguïté critique de la modernité au sens où elle serait ce que j’appelerais une espèce de volonté intransitive, une volonté sans projet, bref le rêve de domination absolue par l’homme de la nature entendue cette fois comme une espèce de stock de pures ressources à la disposition d’une domination qu’il appelle, lui, « humaniste ». C’est pour ça qu’on fait toujours la confusion y compris d’ailleurs le rédacteur d’un journal culturel , d’un hebdomadaire récemment qui se moquait d’ailleurs que Heidegger ait écrit cette Lettre sur l’humanisme qui est en fait une dénonciation de l’humanisme (qu’un dialogue avec Sartre)… humanisme entendu comme volonté de domination de l’homme sur la nature. Et on comprend bien comment ce type de pensée a pu en rencontrer et en nourrir d’autres venus de l’autre bord de l’échiquier politique. Et vous parliez de Satre, de Lévinas, de Foucault, de Derrida. Ce ne sont pas des imbéciles. Si ces gens ont utilisé, ont cru pouvoir utilisé la pensée de Heidegger pour critiquer notre modernité occidentale européenne c’est sans doute qu’ils sont trouvé qu’il y a des choses qui n’étaient pas entièrement compromises par le national-socialisme tout de même!… Alain Finkielkraut… oui… excusez-moi… je ne vous ai pas donné la parole… et après je redonnerai la parole à Emmanuel Faye.

Alain Finkielkraut : Ecoutez … je crois… si vous voulez que Alexandra (… inaudible…) a raison le mot de juge ne convient plus. Le mot qui convient, hélas, c’est celui d’éradicateur (rires de Emmanuel Faye). Un mot sur Carl Schmitt. Deux mots sur Heidegger. (Je passe sur les phrases consacrées à Carl Schmitt).
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Quant à Heidegger : oui sa banqueroute est terrible et c’est Hans Jonas qui le dit le ralliement du penseur le plus profond de l’époque à la marche aux pas fracassants des bataillons bruns constitue une catastrophique débâcle de la philosophie. Reste à savoir en quoi si toute la philosophie est réductible à ce ralliement. Et bien, je dirais non notamment pour ce que vous avez dit de la technique. De quoi parlait Benoît XVI l’autre jour à Cologne de la religion comme bricolage? Et que nous dit Heidegger c’est que l’être aujourd’hui ne se montre que sous la forme de la disponibilité de la maniabilité et bien la religion elle luit, si vous voulez, dans le monde de la technique. La religion c’est aussi quelque chose qu’on bricole. C’est ce rapport là à l’être qui efface tous les autres. Voilà l’une des leçons de Heidegger qu’il faudrait méditer. Et puis, et là c’est peut être le plus important, Emmanuel Faye dit qu’il a passé quinze heures par jours et ça prouve qu’il n’est pas paresseux. N’empêche il cite cette phrase de Heidegger, en 47 je crois, sur l’extermination. « Des centaines de milliers meurent en masse. Meurent-ils? Ils périssent. Ils sont tués. Meurent-ils? Ils deviennent les pièces d’un stock de fabrication de cadavres. Meurent-ils? Ils sont liquidés discrétement dans les camps d’anéantissement? » Emmanuel Faye conclut que Heidegger veut priver les victimes des camps de leur propre mort. Cette conclusion est absurde. Heidegger utilise là le même vocabulaire que Hannah Arendt pour dire que dans les camps d’anéantissement il est arrivé quelque chose à la mort. Que la mort est devenue quelque chose d’inouie dés lors qu’elle a été conçue comme fabricatoin de cadavres. C’est l’expression même utilisée par Hannah Arendt dans le système totalitaire. Il a quand même pris acte de la portée historiale de cet événement… ça ne l’excuse … ça ne l’exonère de rien. Mais voir cette prise en acte retournée contre lui pour aggraver encore le réquisitoire ça me donne à penser en effet chez les éradicateurs l’obscurantisme et l’allergie à la complexité le disputent à la mauvaise foi.

Brice Couturier : Alors Emmanuel Faye… « éradicateur »?

Emmanuel Faye : Je voudrais tout d’abord dire trés trés vite. Vous citiez, Brice Couturier, le cas de Sartre. Mais la grande différence entre Sartre et Heidegger c’est que… on ressort quelques textes très malheureux de Sartre que lui-même n’a pas réassumés trente ans après. Alors que là les cours nazis de Heidegger c’est lui qui a programmé l’édition de ces cours aujourd’hui. En 75, avant de mourir, il a fait le plan, en cent deux volumes de la Gesamtausgabe. Même Carl Schmitt, même Celine n’ont pas programmé la réédition de leurs pires écrits.

Brice Couturier : Mais Morand celle de son journal. Et il aurait du nous l’éviter.

Emmanuel Faye : Oui, je suis d’accord…absolument… Sinon, pour répondre à Alain Finkielkraut, les confèrences de Brême… c’est un texte terrible… que Heidegger n’a pas prononcé. Ce texte sur « meurent-ils »?… et il n’a programmé sa réédition qu’en 1994 en allemand et ce n’est pas encore traduit en français, ça n’a rien à voir avec ce que disent Adorno et Arendt. C’est tout à fait autre chose. Ce que Heidegger veut dire c’est que les victimes des camps d’extermination ne pouvaient pas mourir parce qu’il n’étaient pas dans leur essence des mortels. Derrière cela il y a la conception nazie de la mort comme « sacrifice de l’individu à la communauté ». On trouve déjà annoncée déjà dans Etre et temps et célébrée par Heidegger en mai 33 dans son discours qui exalte Schlageter le héros des nazis [Alain Finkielkraut : « Ah! mon dieu! »] mort fusillé par les français en 26 pour, dit Heidegger, « mourir pour le peuple allemand et son Reich ». C’est pour Heidegger mourir de la manière la plus dure et la plus grande. Mais ceux qui ont péri dans les camps d’anéantissement sont, dit-il, grausig Ungestorben, « horriblement non morts ». Ils ne sont pas morts. Ils ne pouvaient pas mourir car ils n’étaient pas dans la « garde de l’être ». Et là ce n’est pas les conditions effroyables de l’anéantissement nazi dans les camps que dénonce Heidegger. C’est le fait que ceux-là, ne mourraient pas de la mort des héros, ils n’étaient pas par essence dans la « garde de l’Etre ». C’est, dans son jargon, il dit , je cite, « l’homme peut mourir si et seulement si l’être lui-même approprie l’essence de l’homme dans l’essence de l’être à partir de la vérité de son essence. » Voilà ce qu’il dit dans les conférences de Brême. Dans ce passage, hein, celui qui n’est pas dans la garde de l’Etre, celui là ne meurt pas de la mort des héros, ne meurt pas vraiment… Il y a là une sorte de négationnisme ontologique absolument effroyable. (Alain Finkielkraut : « c’est délirant… »)

Brice Couturier : Alain Finkielkraut je vous entends dire « c’est délirant ». Il ne nous reste plus que trois minutes d’émission.

Alain Finkielkraut : Reportons-nous aux textes. Une interprétation comme celle-là, de Heidegger parlant de la fabrication de cadavres, ne dit pas que ces hommes là ne peuvent pas mourir parce qu’ils ne sont pas mortels. Il décrit un processus d’anéantissement inédit dans l’histoire. Voilà ce qu’il fait et il est absurde si vous voulez de vouloir projetter là-dessus une autre interprétation. Mais ça c’est l’allergie à la complexité… euh… l’oeuvre est réductible à la vie et la vie réductible au crime. Si vous voulez tout d’un coup il n’y a plus qu’une grande criminographie de Heidegger. Il est criminel dans tout ce qu’il dit même quand il a l’air de dénoncer le crime. Comment pouvoir, comment penser que Heidegger a pu dire des gens qui allaient mourir dans les camps d’extermination qu’ils ne pouvaient pas mourir parce que ce n’était pas des héros. Mais je veux dire aussi ignoble qu’on puisse penser que Heidegger fut, c’était un propos, une pensée totalement étrangère à son discours. Ou alors effectivement il faut lui mettre la camisole et pas simplement à lui mais à tous ceux qui continuent de l’enseigner parce que c’est, si vous voulez, l’horizon de la relecture de Carl Schmitt et de la relecture actuelle de Heidegger. Il faut expulser ces auteurs de l’enseignement. Ils sont dangereux. Bientôt on nous demandera d’étudier Heidegger et Carl Schmitt comme on étudie Mein Kampf. Voilà l’horizon devant lequel nous sommes placés. C’est une manière d’entrer dans le 21° siècle qui me paraît, si vous voulez, tout à fait détestable et inquiétant.

Brice Couturier : Je vous remercie Alain Finkielkraut. Emmanuel Faye une minute de… réponse.

Emmanuel Faye : Oui… je poursuis un séminaire critique sur Heidegger donc il ne s’agit pas du tout d’interdire son enseignement. Il s’agit de poursuivre un enseignement critique en lisant ses textes et je suis prêt à les lire et à les commenter dans un entretien beaucoup plus approfondi encore avec Alain Finkielkraut. Ce que je pense c’est qu’il faut quand même se rappeler les mots de Levinas tellement durs sur Heidegger… où il parlait de la cruauté, de la cruauté de cette séparation entre autochtones et étrangers qui venait du mythe de l’Etre. Et dans son entretien avec Sloterdijk je suis quand même assez consterné que Alain Finkielkraut laisse Sloterdijk dire en substance qu’il faut passer du paradigme de l’autre, qui est celui de Levinas, à celui de l’ennemi, qui est celui de Carl Schmitt. Or l’ennemi comment le traiter selon Heidegger? Il faut, dit-il, « l’anéantir totalement ». Jamais un philosophe n’avait prononcé des paroles aussi meurtrières. Et en Allemagne vous avez d’autres auteurs comme Reinhard Linde, qui a publié récemment un livre sur la « pensée totalitaire » de Heidegger, qui parvient à des conclusions tout à fait proches des miennes… en France on ne veut pas encore lire ces textes… terribles…

Brice Couturier : Je vous remercie beaucoup Emmanuel Faye.

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10 commentaires à Un entretien d’Emmanuel Faye avec Brice Couturier et Alain Finkielkraut

  1. il convient de ne jamais séparer les pensées d’un auteur de sa vie et de la vie même à savoir (entres autres)les appareils ou les idéologies se manifestent:le temps historique et la guerre habitent aussi la pensée de heidegger…mais pas de la même manière que chez jaspers ou unamuno

    au prochain commentaire,une citation de heidegger inédite

    Rédigé par : simony gabriel | le 07/01/2006 à 12:32 | Répondre | Modifier
  2. Bonjour à toutes et à tous,
    Très intéressante discussion éclairante et nécessaire pour notre Hygiène mentale et spirituelle pour dévoiler progressivement à la mesure des documents d’archives qui sont découverts de l’engagement nazi de Heidegger, de sa collusion avec les idéologues du national-socialisme.
    Hannah ARENDT, sa si brillante élève comme elle l’a été aussi de Karl JASPERS psychiatre-philosophe résistant : j’ai du mal à imaginer les tenants et aboutissants de cette relation très forte et cachée du Professeur Heidegger avec une jeune étudiante juive brillante et passionnée. C’est hors de ma portée la compréhension de leurs secrets d’alcôve tout en tenant des bribes de compréhension de cette jouissance partagée de la Présence de l’autre si différent. C’est très difficile à comprendre. Heidegger est l’écli empoisonné dans la chaussure et le pied de chacun de ceux qui ont été fascinés, éblouis, conquis, soumis à ses écrits.

    Depuis plus de 5O ans je résiste à l’emprise possible d’ Heidegger sur mes réflexions. Et c’est seulement en ce mois de mars 2006, que j’écris le nom de cet intellectuel.
    Merci aussi à Pierre BOURDIEU qui a écrit un ouvrage de clinicien du langage paru en 1988 aux Editions de Minuit intitulé : »L’ Ontologie politique de Heidegger ».

    Meilleures salutations à toutes et tous.

    Vincent DAUSSY
    Ancien assistant social Chef, ex-Chef de Service socio-éducatif, ex-DRASE, ex-Directeur de prison pendant 6 ans.

    Créateur du concept de « Médita-x-ction »(c) qui associe le ternaire : Méditation-Axiologie-Action dans une visée Médita-x-ctive de la « Pédagogie de l’ Eveil Créatif »(c)( Interview Ouest-France 1976).

    Rédigé par : Vincent DAUSSY | le 21/03/2006 à 18:20 | Répondre | Modifier
  3. disegno piacevole, lavoro grande 🙂

  4. Luogo interessante, buon disegno, lo gradisco, signore! =)

  5. Hei! luogo che interessante avete fatto, ben cotto!

  6. Molto molto impressionato sono! Lavoro grande, yeah! [URL]http://www.ligabue.jeunespourleoui.org[/URL]

  7. Era un’idea grande circa questo luogo! Voi fatti esso buono! =)

  8. Monsieur emmanuel Faye est mon professeur à nanterre, étant un de ses eleves, je me suis interressé à la polemique qu’il a créé autour de son livre. Je pense tout de meme que Mr Faye refuse d’accepter l’ambiguité qui a certainement existé à l’interieur de l’esprit de heidegger. Il a notament eu une relation avec hanna arendt (juive) et a defendu des professeurs juifs contre leurs expulsions de l’université. Il y a dans la dimension privé autant que dans ses cours une réelle ambiguité quand au régime nazi, autant dans ses cours que dans son ontholgie que dans ses discours. Il n’empeche que je ne suis pas covaincu par la thése de mon professeur selon laquel il n’y aurait pas d’ambiguité de la part de heidegger, qu’il serait profondement nazi et qu’il l’aurait caché, dissimulé pour mieux en repandre le venin.
    Je ne pense pas qu’un projet aussi machiavelique ai pu naitre dans l’esprit de heidegger pour une raison simple, il savait trés bien que la philosophie ne represente pas un poids politique suffisant dans la traduction des idées politiques pour changer les choix politiques. Une lecture par un democrate de heidegger ne changera pas ce democrate en nazi, c’est exactement la meme chose avec celine, lautreamont, sade …
    Je trouve socrate dans la republique, nettement plus liberticide si on lit son oeuvre de maniere décontextualisé que heidegger.

    Rédigé par : alexandre | le 24/02/2007 à 09:13 | Répondre | Modifier
  9. Comme le disait H. Himmler, « chacun vient avec Son Bon Juif et demande une exception en sa faveur »…!
    Mais coucher avec son étudiante n’est pas nécessairement,pour un professeur BIEN PLUS âgé! un signe d’ « amour » et de respect, mais celui d’une perversité très ambigüe, dans ce cas, justement!
    Rien dans l’historique ne permet de prétendre que Heidegger a DEFENDU les enseignants juifs… Bien au contraire! et la lettre à Husserl en est un superbe et Naïf modèle de perversité nationale-socialiste!
    Alexandre a-t-il vraiment le niveau de ses études?
    Il aurait pu mettre son nom! Nous ne sommes pas sous Hitler ou Staline ici?

    Rédigé par : Borek Jacques | le 08/05/2007 à 17:48 | Répondre | Modifier

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10 commentaires

  1. il convient de ne jamais séparer les pensées d’un auteur de sa vie et de la vie même à savoir (entres autres)les appareils ou les idéologies se manifestent:le temps historique et la guerre habitent aussi la pensée de heidegger…mais pas de la même manière que chez jaspers ou unamuno

    au prochain commentaire,une citation de heidegger inédite

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  2. Bonjour à toutes et à tous,
    Très intéressante discussion éclairante et nécessaire pour notre Hygiène mentale et spirituelle pour dévoiler progressivement à la mesure des documents d’archives qui sont découverts de l’engagement nazi de Heidegger, de sa collusion avec les idéologues du national-socialisme.
    Hannah ARENDT, sa si brillante élève comme elle l’a été aussi de Karl JASPERS psychiatre-philosophe résistant : j’ai du mal à imaginer les tenants et aboutissants de cette relation très forte et cachée du Professeur Heidegger avec une jeune étudiante juive brillante et passionnée. C’est hors de ma portée la compréhension de leurs secrets d’alcôve tout en tenant des bribes de compréhension de cette jouissance partagée de la Présence de l’autre si différent. C’est très difficile à comprendre. Heidegger est l’écli empoisonné dans la chaussure et le pied de chacun de ceux qui ont été fascinés, éblouis, conquis, soumis à ses écrits.

    Depuis plus de 5O ans je résiste à l’emprise possible d’ Heidegger sur mes réflexions. Et c’est seulement en ce mois de mars 2006, que j’écris le nom de cet intellectuel.
    Merci aussi à Pierre BOURDIEU qui a écrit un ouvrage de clinicien du langage paru en 1988 aux Editions de Minuit intitulé : »L’ Ontologie politique de Heidegger ».

    Meilleures salutations à toutes et tous.

    Vincent DAUSSY
    Ancien assistant social Chef, ex-Chef de Service socio-éducatif, ex-DRASE, ex-Directeur de prison pendant 6 ans.

    Créateur du concept de « Médita-x-ction »(c) qui associe le ternaire : Méditation-Axiologie-Action dans une visée Médita-x-ctive de la « Pédagogie de l’ Eveil Créatif »(c)( Interview Ouest-France 1976).

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  3. Monsieur emmanuel Faye est mon professeur à nanterre, étant un de ses eleves, je me suis interressé à la polemique qu’il a créé autour de son livre. Je pense tout de meme que Mr Faye refuse d’accepter l’ambiguité qui a certainement existé à l’interieur de l’esprit de heidegger. Il a notament eu une relation avec hanna arendt (juive) et a defendu des professeurs juifs contre leurs expulsions de l’université. Il y a dans la dimension privé autant que dans ses cours une réelle ambiguité quand au régime nazi, autant dans ses cours que dans son ontholgie que dans ses discours. Il n’empeche que je ne suis pas covaincu par la thése de mon professeur selon laquel il n’y aurait pas d’ambiguité de la part de heidegger, qu’il serait profondement nazi et qu’il l’aurait caché, dissimulé pour mieux en repandre le venin.
    Je ne pense pas qu’un projet aussi machiavelique ai pu naitre dans l’esprit de heidegger pour une raison simple, il savait trés bien que la philosophie ne represente pas un poids politique suffisant dans la traduction des idées politiques pour changer les choix politiques. Une lecture par un democrate de heidegger ne changera pas ce democrate en nazi, c’est exactement la meme chose avec celine, lautreamont, sade …
    Je trouve socrate dans la republique, nettement plus liberticide si on lit son oeuvre de maniere décontextualisé que heidegger.

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  4. Comme le disait H. Himmler, « chacun vient avec Son Bon Juif et demande une exception en sa faveur »…!
    Mais coucher avec son étudiante n’est pas nécessairement,pour un professeur BIEN PLUS âgé! un signe d’ « amour » et de respect, mais celui d’une perversité très ambigüe, dans ce cas, justement!
    Rien dans l’historique ne permet de prétendre que Heidegger a DEFENDU les enseignants juifs… Bien au contraire! et la lettre à Husserl en est un superbe et Naïf modèle de perversité nationale-socialiste!
    Alexandre a-t-il vraiment le niveau de ses études?
    Il aurait pu mettre son nom! Nous ne sommes pas sous Hitler ou Staline ici?

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