Sur la pseudo-concrétude de la philosophie de Heidegger – Günther Anders

Sur la pseudo-concrétude de la philosophie de Heidegger – Günther Anders

En France, Heidegger passe pour "le grand philosophe du XXe siècle". Sectateurs et coryphées sont innombrables, et les rares voix discordantes sont vite réduites au silence. Or, le système de Heidegger est non seulement très pauvre (a-t-on vraiment entendu ce que le philosophe dit de l’homme, de l’histoire et du temps?), mais encore il est en profonde sympathie avec la barbarie nazie. Qu’importe! Quand le roi Heidegger passe dans la rue, la foule se prosterne. Soudain, au milieu de ce silence religieux, Günther Anders s’écrie : "Le roi est nu!"

Editions sens&tonka, Paris 2003. (Quatrième de couverture.)

"On the Pseudo-Concretness of Heidegger’s Philosophy" est paru pour la première fois en Mars 1948 à New-York.

10 commentaires

  1. A L,

    En quoi le fait que quelqu’un trouve incompréhensible Heidegger constitue-t-il une accusation à son encontre?

    Moi je comprends. Vous, vous ne comprenez pas, donc vous accusez etc.

    Skil.

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  2. Cher « réponce »,
    je trouve tout à fait normal que vous ne voyez pas ce qu’Heidegger a voulu dire. J’ai passé de nombreuses années à chercher à comprendre ce qu’il voulait réellement dire. Et dès que j’ai su ce qui s’était passé au séminaire, j’ai tout compris. Le négatif était là, le bain a révélé la photo. Mais le développement ne peut se faire qu’en lumière rouge. Quant à ceux qui comprennent avant d’avoir le développement, je leur tire mon chapeau. Le narcissisme anime nombre de lecteurs de Heidegger. Il faut chercher longtemps avant de trouver. On a plus vite fait de se projeter dans l’oeuvre que de comprendre ce qu’elle contient. « Rien de tout cela ne passera dans les livres d’histoire », disait Heidegger. Pas si sûr. Le III° Reich devait être bâti pour des millénaires, il a duré treize ans. Alors une fausse certitude de plus ou de moins n’empêche pas l’histoire d’avancer.

    michel bel

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  3. A Skildy,

    Je ne faisais que poser une question. Je voulais juste que notre interlocuteur précise ce qu’il voulait dire. Il est vrai que la tournure de ma question a pu laisser entendre que je l’accusais à mon tour d’accuser Heidegger. Il n’en était rien, excusez moi donc pour ces propos peu clairs, qui sacrifièrent la clarté à la brièveté.

    D’autre part je n’ai pas la prétention de comprendre Heidegger. De nombreux points m’arrêtent dans son oeuvre, pas pour toujours je l’espère, mais je ne peux bien entendu le prédire. Pour autant, je ne mets cela qu’à mon compte, ce qui me semble la position la plus raisonnable. Je voudrais alors simplement savoir si Monsieur « Salade » partage cette position. Merci.

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  4. A L,

    La question pourrait être « qu’est-ce que comprendre Heidegger? »

    Vous connaissez les ACCUSATIONS que je porte contre Heidegger.

    Loin de moi de vouloir jeter une ombre sur des démarches comme la vôtre. Je vous prie de croire que je ne porte ces « accusations » – les guillemets veulent dire qu’il ne s’agit pas non plus de faire un procès – ni à la légère ni de gaîté de coeur. J’en veux à Heidegger de blesser la philosophie.

    J’ai passé il y a quelques années de longues heures heideggeriennes… Les problèmes fondamentaux de la phé… Etre et temps… Qu’est-ce qu’une chose… Introduction à la métaphysique… Les chemins qui ne mènent nulle part… Les essais et conférences…

    J’ai ouvert tout à l’heure mon exemplaire d’Etre et temps. Plein de coups de crayon et d’annotations…

    Je relis ce que dit un commentateur : Heidegger pose des questions. Comprendre Heidegger serait se rendre disponible pour entendre ces questions.

    Est-ci si sûr? Et si, sous ce questionnement, il y avait en réalité des réponses? En tous cas comme des certitudes, des croyances, des décisions, des résolutions…

    Comprendre Heidegger ne serait-ce pas alors remonter vers ce plan de réponses? ce plan qui fait que, pour le redire comme s’il s’agissait d’une incongruïté ou d’une monstruosité, Etre et temps au minimum n’a pas dissuadé son auteur de se rallier à l’hitlérisme, au maximum constitue une introduction à une « philosophie de l’hitlérisme. » Et cela est doublement monstrueux et insupportable.

    En ce sens l’entretien au Spiegel porte un coup trés dur à la représentation – au mythe? – d’un Heidegger entièrement revenu du national-socialisme.

    Le pire ne serait-il pas alors de « sectariser » Heidegger et de transformer la Gesamtausgabe en texte sacré?…

    En ce moment, pour des raisons de temps, je suis contraint de me limiter à des lectures trés partielles. Et qui plus est quelque peu sauvages. Mais cela n’invalide pas nécessairement les intuitions qui les portent.

    Skildy

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  5. La mauvaise foi du dernier commentateur – on me reproche de « censurer » des propos désobligeants voire insultants – ainsi que son agressivité m’ont conduit à effacer les quatres derniers messages.

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  6. A Skildy

    Je ne sais pas qui était ce participant duquel vous avez effacé les messages, et quelle était la teneur de ceux-ci, mais je constate depuis quelques temps l’absence de Monsieur Teitgen sur ce blog, absence que je trouve très regrettable. Ne connaissant pas les « faits », ne pouvant donc donnner un quelconque avis dans ce « conflit », je me contenterai de dire que nous avons sans doute tous à gagner à un débat totalement rationnel, c’est-à-dire sans le moindre propos qui ne concernerait pas directement le sujet en question. Ce qui veut dire, aussi énormes que puissent être les désaccords, aucune appréciation sur la valeur des participants, ou de quiconque prenant position dans cette affaire, qui mérite bien ce petit sacrifice de la part de chacun, il me semble. Je propose de remettre les compteurs à zéro, ce qui encore une fois me semble faisable.

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  7. A monsieur ou madame « Salade »

    Un texte à la fois essentiel et accessible de Heidegger me semble être la conférence « Qu’est-ce que la métaphysique ? » de 1929. La meilleure traduction n’en est hélas pas disponible dans le commerce, mais vous pouvez l’obtenir sur internet. Si vous voulez je vous donne l’adresse, que je n’ai pas sous la main mais que je peux retrouver.

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  8. Ne croyez-vous pas au contraire que sa leçon inaugurale est le texte le plus difficile qu’il a écrit? Laisser la métaphysique se présenter elle-même est tout un programme. Le passage sur la double signification de la négation ne peut se comprendre que par référence au petit séminaire de Constance et à son expérience propre.

    Quant au saut dans le Dasein en totalité et à la nuit claire du néant dont il se veut la sentinelle? Voilà qui en a laissé rêveur plus d’un. Tout cela ne prend sens que dans l’illusion d’une illumination qui viendrait s’adjoindre à la Logique de Hegel, à la mystique de Suzo, au Zarathoustra de Nietzsche et à la naissance de sa tragédie. Avec Heidegger la tragédie va commencer. Et quelle tragédie! Il n’en a pas la moindre idée en 1929.

    Il vise un but « l’historialisation del’historial  » mais il ne sait pas encore comment il va mener à bien cette historialisation. L’année suivante, il parlera des bûchers et de l’oeuvre qu’il veut porter à son efficace. On y verra déjà un peu plus clair.

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