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Ce mode de consommation – il s’agit de la consommation de la radio et de la télévision – permet en réalité de dissoudre complètement la famille tout en sauvegardant l’apparence d’une vie de famille intime, voire en s’adaptant à son rythme. Le fait est qu’elle est bel et bien dissoute : car ce qui désormais règne à la maison grâce à la télévision, c’est le monde extérieur – réel et fictif – qu’elle y retransmet. Il y règne sans partage, au point d’ôter toute valeur à la réalité du foyer et de la rendre fantomatique – non seulement la réalité des quatre murs et du mobilier, mais aussi celle de la vie commune. Quand le lointain se rapproche trop, c’est le proche qui s’éloigne ou devient confus. Quand le fantôme devient réel, c’est le réel qui devient fantomatique.
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Günther Anders, L’obsolescence de l’homme (1956).
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Heidegger ne permet-il justement pas d’approfondir cette question ?
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A L.
Et si c’était le contraire? Et si c’était Anders qui permettait d’approfondir la question?
Il serait en réalité assez absurde de savoir qui est le plus profond.
Sensibilité de « droite » contre sensibilité de « gauche ». Avec Heidegger on en revient toujours à la question de l’être, à la langue de l’être, à l’enracinement, à la langue, à sa germanité « souabo-hölderlinienne ».
Anders fut l’ami de Brecht. Il parle aussi la langue de Marx. Il décrit comment le travailleur à domicile qu’est le télespectateur se produit lui-même comme homme de masse. Même si c’est difficile il ouvre une voie politique. Pour moi la thématique de l’être conduit chez Heidegger à des impasses. Au faîte de la question il est facile de basculer dans la barbarie. Heidegger lui-même l’a fait et jusque dans son texte posthume du Spiegel. Et de cela Anders en a trés bien parlé et dés 1948.
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