JEUX DE MOTS. Une calenture de Calmar et autres fantaisies…

UNE CALENTURE DE CALMAR

Suite allitérative en cal.

C’est aprés que la tempête calmit que Calmar fut pris de calenture. Il se vit en barcalon, se caler l’estomac de cancales, de calalou, de calcéoles et de calvilles. Il se découvrit pancaliste et fantasma des callypiges au caleçon décalé, à la chute de rein comme une calade et à la peau de calythrix. Sur fond de calencar, les calebombes allumées et un caloquet sur l’apical crânien, Calmar califourchonnait ainsi la call-girl. Lui, normalement ambiéqual, calembredenait sans calcul ni qualité, calligraphiant sur son calepin la croupe tropicale et sans cal qu’il avait focalisée comme un squale.

Calenture : délire furieux chez les marins au moment de la traversée des zones tropicales et s’accompagnant d’un désir irrésistible de se jeter à la mer.
Pancaliste : adepte du pancalisme. Pancalisme : théorie qui consiste à considérer le beau comme la norme catégorique d’où dépendent toutes les autres, et le réel comme l’ensemble de ce qui est organisé sous la forme esthétique.
Calade : terrain en pente sur lequel on exerce les chevaux à descendre au galop.
Calmir : devenir calme, s’apaiser. « La brise, le temps, la tempête calmit ».
Barcalon : titre du premier ministre du roi de Siam.
Cancale : huître en provenance de la baie de cancale.
Calalou : met exotique préparé avec des légumes divers.
Calcéole : coquillage bivalve fossile, dont la valve inférieure se prolongeait comme le bout de soulier.
Calville : pomme à peau rouge et blanche, un côtelée et trés savoureuse.
Callypige : qui a de belles fesses, harmonieusement arrondies.
Calencar : toile peinte des Indes ou de Perse.
Calebombe : chandelle.
Caloquet : chapeau.
Apical : qui est sommet.
Ambiéqual : se dit d’un type mental dans lequel les tendances extratensives et introversives coexistent et s’équilibrent.
Calembredaine, calembredener : propose extravagant, ridicule ou trompeur, action un peu folle – Faire des calembredaines.

Source : TLF, Trésor de la Langue Française – Editions du CNRS.

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NE VOUS FIEZ PAS AU CALAMAR

Suite allitérative en cal.

La calamine défaite le calamar se cala calmement au fond d’un bocal. Mais que pouvait-il calculer sans calcite dans cette boîte de Calcutta nommée Calypso? des calembours? des calembredaines? Pas du tout! Un calice de calva au bout d’un tentacule il rêvait de câlins. C’est alors que Calamity, la calotte tropicale, vint – sans cal – se frotter au bocal du calabrais. Qu’allait-il dire?… des calomnies?… Pas du tout! Il se glissa vers la callypige et, sans calepin ni cale-pied, lui desserra le caleçon… Et maintenant, qu’allait-il faire?… se caleter?

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GEO-CALANALYSE

Suite allitérative en cal.

Calé au fond d’une calèche Calmar décalaminait ses calibres. A Calais il fit des calculs. A Calendhel il décalqua un chacal. A Calas il dansa le calypso. A Caltegas il acheta un bocal. A Calés il se recala. A Calignac il fit monter deux callypiges. A Calmeilles il pêcha un rorqual. A Calmont il crut voir Calcutta. A Calviac il revendit son calice. A Caluire se fut un calvaire. A Calvinet il calomnia le cocher. A Calvisson il goûta aux calissons. A Calzan il se calcina.

« Docteur Nacal, fit Calmar une fois arrivé chez le calanalyste, je suis boulical. Je mange tout le temps du calembert!
– Norcal, fit le docteur Nacal, vous êtes resté au stade sado-acal. Une petite calanalyse et tout ira bancal! »

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ADELAÏDE ET CALMAR SE DISPUTENT

Suite allitérative en cal et en del.

Intérieur calme et pirandellien. On entend battre une horloge : cal… del… cal… del… cal… del… Entre Adélaïde, trés maquillée et furieuse suivie de Calmar, en complet gris et plutôt mal à l’aise.

Adélaïde : Une calamine!… mouais… Une calamité!… Un calvaire!
Calmar : Dédèle, ma fidèle, pourquoi tant de rondelles?
Adélaïde : Tu cales, tu décales, tu recales… tout est bancal chez toi!
Calmar : Or ça du délires!… Quelle saladelle!… J’ai la mourtardelle qui monte!
Adélaïde : Et bien sors le ton calibre, espèce de Caliban, c’est pas du calisson crois-moi!
Calmar : Je vais finir par te délinquer!… Te déloger!… Te délutter!… Te délatter!… Te délaver… Te délarder!!
Adélaïde : Rorr… qual!… Sssssquale!… Ca… cal… calamar!
Calmar (un temps, touché au vif) : Et toi!… Haridelle!… Mordelle!… Bardelle!… Ridelle!… ca… cagn… cagniardelle!

Ils s’étaient tout dit. Calmar n’était plus qu’un mollusque un peu vieillot et Adélaïde une machine soufflante. Le silence s’abattit sur la scène… Enfin presque car l’horloge faisait toujours entendre son cal… del… cal… del…

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PROVERBIAL 1

Suite allitérative en del (et une fois en cal…).

Le duc fidel del Delco délitait du strudel.
– Etes-vous déjà allé à Delphes? fit Adélaïde en repliant son Deleuze.
– Oui, chère Adèle. Il y a un trés bon Zinfandel, fit le duc.
– Ah! oui! ce délicat cépage!
– Pour le délice, avec une fine rondelle de mortadelle, c’est de la tendelle à gourmets!
Adélaïde, claudelienne, ne lui délaya pas sa question :
– Et votre lecture de Hedel, où en êtes-vous mon cher fanandel?
– La diadeltique, c’est un peu délavé pour une deleuzienne délurée comme vous.
– Oui, oui, fit-elle, mais il y a Cal Marx…
Del Delco s’approcha d’elle :
– Que cherchez-vous donc à délier ou à délacer? fit la philadelphienne.
– J’ai le deltoïde qui se déloge! repondit Fidel.
– Finissez plutôt votre strudel, du Delco, fit la belle, car : « qui délire sans délais délicats jamais ne se délicote ».

Strudel : pâtisserie viennoise.
Zinfandel : néologisme.
Tendelle : sorte de collet.
Fanandel : vieux terme désignant l’ami, le copain.
Délicoter : enlever le licou d’un âne ou d’un cheval.

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PODELME

Poème en del.

des lyres
délirent

des livres
délivrent
des loges
délogent

des luges
déluge

des lasses
délacent
des laves
délavent

des lys
délice

des légitimes
délégitiment
des lits
délitent

délits
d’élites

des limites
délimitent
des libérés
délibèrent

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QUE DIRE D’ELLE EN DEL?

Suite allitérative en del.

Déliée de tout délit
Adéle
délicieusement
délire

Dés l’aurore
de délicates
asphodèles
délogent et délivrent
à tire d’ailes
ce qui d’elle
délaisse
sans délai
le delta dédié
des lits et des lustres

Quel délabrement
délasse ainsi la délurée
si délibérément délétère?
Si déloyalement délestée
de tout délayage
comme de toute délation?

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MONDIAL SPLEEN

Jeu du « supposes que tu t’appelles… »

Supposes que tu t’appelles Tchou Him. Tu viens de Beijin et te voilà pour un an à Paris. Un petit tour au Mur des fédérés, un autre à la Bourse… Tu sors avec une copine blonde « t’as-de-beaux-yeux-tu-sais ». Un soir tu vas en boîte avec Monique – c’est Monique qu’elle s’appelle – et là tu tombes sur une bande. Présentation et tournées de bière. Manque de bol il y a quelques skeans dans le groupe dont un américain total remonté. Il s’en prend à toi, à cause de la Monique qui est bien blonde. Le ton monte et pour éviter la casse Monique t’entraîne vers la sortie. Juste au moment où tu sors le skean furieux et grimaçant te lance : « Tchou Him go home! »… Lamentable.

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PROVERBIAL 2

Jeu du « supposes que tu t’appelles… »

Supposes que tu t’appelles Pie. Tu as un ami qui s’appelle Kir. Tous les dimanches tu lui rends visite. Or, ce dimanche là, deux soeurs venues d’Orient se trouvaient au salon en compagnie de Kir. La première s’appelait Nah et la seconde Pah. On boit donc le thé tout en devisant sur l’état du monde. L’ennui, toutefois, finit par gagner.
« Si on jouait à un jeu? lança alors Kir.
– Oui oui oui! firent les soeurs Nah et Pah tout en applaudissant.
– Et bien nous allons joué à « mimons l’action ». Je vais découper quatre bouts de papier. Sur chacun d’entre eux un verbe sera écrit à la troisième personne du singulier. Puis je retournerai ces papiers sur la table. Nous écrirons alors notre nom au dos d’un papier choisi au hasard. Je lirai ensuite les résultats et chacun devra mimer l’action correspondante.
– Oui oui oui! firent encore les soeurs.  »
La petite troupe s’exécuta avec beaucoup d’application. L’opération terminée Kir se leva et lut solennellement les résultats :
« Pie : erre. Kir : roule. Nah : masse. Pah : mousse ».

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BOFIE CHEZ LES PAMPYRS

Jeu du « supposes que tu t’appelles… »

Supposes que tu t’appelles Illy. Tu as une copine qui s’appelle Bofie. Elle est récemment entrée dans une secte, secte dirigée par un mystérieux monsieur H et appelée « secte des pampyrs ». Par amour pour elle toi, ainsi que ton inséparable copain Duke, vous l’accompagnez dans ses aventures. C’est ainsi que vous vous retrouvez dans un grand château, genre « bal des pampyrs ». Et là vous n’arrivez pas à vous y faire. En effet Bofie, totalement zombifiée par les pampyrs, ne jure plus que par le sang humain. Les pampyrs ayant modernisé récemment leur constitution interne acceptent que certains d’entre eux puissent aimer des humains sans les pampyriser à leur tour. La condition impérative étant cependant que ces non-pampyrs doivent être strictement végétariens. Mais, malgré la force des liens qui t’unissent toi, Illy, à Bofie, – que les pampyrs eux-mêmes, allez savoir pourquoi, surnomment Bof – ce régime est trés dur à supporter. Or un jour tu aperçois un lapin en train de traverser à toute vitesse le grand salon du château. Tu apprendras plus tard que ce lapin, trés blanc et trés rapide, s’appelait Arrow. Donc toi et Duke vous décidez, on l’a deviné, de vous faire le lapin. A l’aide de cordelettes confectionnées avec des lanières découpées dans vos draps vous fabriquez des collets que vous placez à divers endroits du château. Les pampyrs n’y voient que du feu tellement ils sont obsédés par leur quête de sang frais humain.

Finalement vous parvenez à attraper le lapin blanc nommé Arrow. Comme vous étiez en manque vous vous jetâtes dessus et le dévorâtes tout cru comme une grosse huître. Or, et c’est là que se noue le drame, Bofie s’en est aperçue. La délation n’étant pas son fort elle aurait gardé le secret pour elle. Mais le charme était rompu. Elle ne pouvait plus envisager de faire sa vie avec un non-pampyr qui mange du lapin et qui plus est du lapin tout cru. Tu es triste, Illy, et un peu honteux. Sacrifier l’amour de Bofie à un lapin tout cru! Tu demandes alors à Duke, indéfectible complice, de parler à Bofie. Il accepte la mission, au demeurant fort délicate. Il entre dans la chambre où, en larmes, Bofie s’était réfugiée. Il dit à quel point Illy tenait à elle. Elle lève les yeux vers Duke et lui répond, avec un regard incrédule : « Mais comment pourrais-je seulement me demander « L’aimais-je? »… Duke… Illy mange Arrow! »

(On aura reconnu, je l’espère, le titre du roman d’Hemingway « Les neiges du Kilimandjaro« .)

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