BREVE DE PENSEE 021105 bis

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(Protagoras)  prétendait … que l’homme est la mesure de toutes choses, ce qui revient à dire que ce qui paraît à chacun est la réalité même. Cela posé, il en résulte que la même chose est et n’est pas, est à la fois bonne et mauvaise, et que toutes autres affirmations opposées sont également vraies, du fait que souvent la même chose paraît belle à ceux-ci, et tout le contraire à ceux-là, et que ce qui apparaît à chaque homme est la mesure des choses. (…) Attacher une valeur égale aux opinions et aux imaginations de ceux qui sont en désaccord entre eux, c’est une sottise. Il est clair, en effet, que ou les uns ou les autres doivent nécessairement se tromper. (…) Jamais en effet, la même chose ne paraît, aux uns, douce, et, aux autres, le contraire du doux, à moins que, chez les uns, l’organe sensoriel qui juge les saveurs en question, ne soit vicié et endommagé. Mais, s’il en est ainsi, ce sont les uns qu’il faut prendre pour mesure des choses, et non les autres. Et je le dis également pour le Bien et le Mal, le beau et le laid, et les autres qualités de ce genre. Professer, en effet, l’opinion dont il s’agit, revient à croire que les choses sont telles qu’elles apparaissent à ceux qui, pressant la partie inférieure du globe de l’oeil avec le doigt, donnent ainsi à un seul objet l’apparence d’être double; c’est croire qu’il existe deux objets, parce qu’on en voit deux, et qu’ensuite il n’y a en a plus qu’un seul, puisque, pour ceux qui ne font pas mouvoir le globe de l’oeil, l’objet paraît un.

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Aristote

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